La France outrée que l’ONU place la Polynésie sur la liste des territoires à «décoloniser»

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Le Haut-commissariat de la République à Papeete (WikiCreativeCommons)
Le Haut-commissariat de la République à Papeete (WikiCreativeCommons)

Après que l’Assemblée générale de l’ONU eut adopté une résolution plaçant la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser, la France crie à l’ingérence et accuse l’Assemblée de l’ONU de mépriser le choix démocratique des Polynésiens, exprimé aux dernières élections territoriales, de conserver à l’archipel le statut de collectivité d’outre-mer de la République française.

Ex-colonie, la Polynésie française, composée de cinq archipels dans le sud de l’océan Pacifique, à environ 6 000 km à l’est de l’Australie, est devenue aujourd’hui une collectivité d’outre-mer bénéficiant d’une large autonomie par rapport au gouvernement français.

L’Assemblée générale de l’ONU a pourtant adopté vendredi 17 mai sans vote une résolution affirmant « le droit inaliénable de la population de la Polynésie française à l’autodétermination et à l’indépendance », faisant dire à la France que l’Assemblée générale des Nations unies sur la Polynésie française méconnaît les choix démocratiques faits par les Polynésiens qui avaient choisi librement de rester dans le giron de la France en défaisant les indépendantistes aux dernières élections territoriales.

La Polynésie française reste en principe, explique le service d’information de l’ONU, un territoire non autonome au sens de la Charte des Nations Unies, «ce qui l’inscrit à l’ordre du jour du Comité des 24, le comité spécial chargé de la décolonisation.»

Les territoires non autonomes sont définis par l’ONU comme des territoires dont les populations n’ont pas encore exercé leur droit à l’autodétermination.

ll reste aujourd’hui 16 territoires non autonomes dans le monde, dont Guam, les Bermudes, Gibraltar, la Nouvelle-Calédonie et… la Polynésie française.

Par cette résolution, parrainée par les pays du Forum du Pacifique, et qui ouvre clairement la porte à un référendum, le gouvernement français, en sa qualité de «Puissance administrante» est « invité à faciliter la mise en place d’un processus équitable et effectif d’autodétermination ».

À la suite de l’adoption de la résolution, plusieurs pays, notamment le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les États-Unis, ont tenu à exprimer leur désapprobation, faisant valoir la défaite des indépendantistes aux dernières élections territoriales.

Ulcérée, la France crie à l’ingérence

Assemblée de la Polynésie française à Papeete (cliquez pour aggrandir) (Photo: Wiki)

La France, qui n’a pas participé à la réunion, estime pour sa part que cette résolution va carrément à l’encontre de la volonté des populations concernées.

«La résolution adoptée le 17 mai par l’Assemblée générale des Nations unies sur la Polynésie française», dit un communiqué du ministère français des Affaires étrangères, «méconnaît les choix démocratiques faits par les Polynésiens et va à l’encontre des objectifs poursuivis par l’ONU.»

La France souligne que, le 21 avril puis le 5 mai, les électeurs polynésiens ont renouvelé, comme tous les cinq ans, leur assemblée territoriale. «Ces élections générales leur ont permis de s’exprimer. Ils ont donné une majorité incontestable aux élus favorables à l’actuel statut d’autonomie.», ajoute le Quai d’Orsay.

La nouvelle assemblée territoriale, issue de ce processus démocratique, souligne aussi la France, «a marqué son désaccord avec le texte de cette résolution qui nie de fait la volonté exprimée de manière claire par la population polynésienne au suffrage universel.»

Pour Paris, cette résolution est donc «une ingérence flagrante, une absence complète de respect pour les choix démocratiques des Polynésiens, un détournement des objectifs que les Nations unies se sont fixés en matière de décolonisation».

Et la France se dit, finalement, « déterminée à continuer, avec le gouvernement de Polynésie française, à promouvoir le développement politique, économique et social de la Polynésie française.»

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Enfin un juste retour des choses envers la Françe, savez-vous que le fameux Quai d'Orsay , ce repaire d'antisémites de tout poil vendu aux intérêts arabes ne reconnait même pas le pays d'Israel, qu'il nomment la Palestine dans leurs documents officiels..