La Syrie complique et retarde l’aide humanitaire aux zones rebelles

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 Un jeune garçon avec des lésions dues à la  leishmaniose sur son visage  L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a signalé une augmentation des cas de leishmaniose en Syrie (Photo:  G.Connell/OCHA)

Un jeune garçon avec des lésions dues à la leishmaniose sur son visage L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a signalé une augmentation des cas de leishmaniose en Syrie (Photo: G.Connell/OCHA)

Les autorités syriennes compliquent et retardent le travail des agences de l’ONU et rejettent l’appel de la communauté internationale à trouver une solution politique urgente à la crise humanitaire, accuse le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, l’OCHA.

S’exprimant lors de son retour de Syrie, le directeur des opérations de l’OCHA, John Ging, a critiqué le refus du gouvernement syrien de permettre aux agences de l’ONU d’avoir accéder aux zones contrôlées par l’opposition à partir des pays voisins, les obligeant plutôt à de périlleux voyages à travers les zones où les combats font rage.

«Il n’ya aucune raison logique pour laquelle vous pouvez franchir une ligne de conflit, mais pas une frontière,» a-t-il déclaré aux journalistes à New York. «Mais il ya une conséquence: les gens meurent.»

Il a décrit comment il était difficile pour les organismes d’atteindre la ville assiégée d’Alep. Bien qu’Alep se trouve à une courte distance de la frontière entre la Syrie et la Turquie, les organisations humanitaires sont obligées de s’y rendre à partir de Damas sur une route parsemée de points de contrôle du gouvernement et de l’opposition.

«Vous ne pouvez pas franchir quotidiennement les 54 postes de contrôle entre Damas et Alep avec la quantité de l’aide qui doit Alep. Mais vous pouvez vous rendre en 1 heure à partir de la Turquie efficacement. Nous avons besoin de ces routes (transfrontalières)».

Le directeur de l’OCHA, John Ging dans le quartier d’Al-Ansari, à Alep (Photo: G.Connell/OCHA)

Alep, ajoute le directeur des opérations de l’OCHA, est une ville divisée et dévastée. Les zones contrôlées par le gouvernement, bien que gravement endommagées, ont un certain accès à l’eau, l’électricité et les produits de base. Toutefois, les quartiers contrôlés par l’opposition sont quant à eux dans une situation beaucoup plus problématique.

«Nous avons traversé dans la zone contrôlée par l’opposition et nous avons immédiatement été choqués par ce que nous avons vu», dit John Ging. « Les rues sont jonchées de détritus [ …les gens] n’ont pas d’électricité, les réseaux téléphoniques sont totalement coupés. Les gens ont de l’eau une fois tous les cinq jours.»

Lors de la visite, M. Ging a vu des cas de leishmaniose, qui affecte un nombre croissant de personnes à Alep, Hama, Al Hasaka et Deir ez Zor. [NDLR La leishmaniose est une maladie chronique parasitaire à manifestation cutanée qui provoque des lésions ulcératives sur le corps].

La leishmaniose est liée à la détérioration des conditions sanitaires et est transmise par les phlébotomes, de petits insectes hématophages.

Les agences des Nations Unies et leurs partenaires humanitaires disent maintenant que 6,8 millions de personnes ont besoin d’assistance. Un autre 1,3 million de personnes ont fui le pays, et sont rejoints par environ 8 000 nouveaux réfugiés chaque jour.

Le 18 avril, la responsable des questions humanitaires de l’ONU, Valerie Amos, a exhorté le Conseil de sécurité à trouver une solution politique immédiate à la crise, en avertissant la situation humanitaire pourrait atteindre un point de non-retour.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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