L’armée malienne s’approche de Kidal pour chasser le MNLA

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Une colonne de l'armée malienne a quitté Gao pour prendre la direction de Kidal, dans le nord du pays (Photo: Archives/AFP)
La semaine dernière, une colonne de l’armée malienne a quitté Gao pour prendre la direction de Kidal, dans le nord du pays (Photo: Archives/AFP)

De source militaire, les Forces armées maliennes (FAMA) ne se trouveraient plus qu’à quelques dizaines de kilomètres de la ville de Kidal, actuellement aux mains des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Si Bamako prône une solution politique pour résoudre le conflit dans le nord du pays, la crainte d’un affrontement militaire est bien présente.

«Nous avons appelé le MNLA à accepter de désarmer. Maintenant, si de guerre lasse, nous n’obtenons pas satisfaction, il faudra recourir à des moyens que nous ne souhaitons pas pour que la situation de Kidal soit une situation normalisée», a déclaré, mercredi dernier, le chef de la diplomatie malienne Tiéman Coulibaly, dans des propos rapportés par RFI.

Ce dimanche, une source militaire citée par l’AFP a assuré que les Forces armées maliennes (FAMA) avaient dépassé la petite localité d’Anefis, à 90km au sud-ouest de la ville de Kidal. Une information démentie par le MNLA, assurant que l’armée malienne était entrée dans Anefis mais que ses forces en avaient toujours le contrôle.

La colonne des FAMA avait quitté Gao dans la semaine pour progresser plus au nord. Car l’objectif de Bamako est clair. Il s’agit pour le gouvernement actuel d’affirmer son autorité sur l’ensemble du pays avant le scrutin présidentiel et législatif qui doit se tenir avant la fin du mois de juillet.

Mais le MNLA ne l’entend pas de cette oreille. Présent dans cette ville du nord-Mali depuis plusieurs mois, le mouvement rebelle a promis de s’opposer à toute tentative de l’armée de reprendre la ville. Alliée de circonstance des forces françaises et africaines lors de la prise de la ville en janvier et février dernier, l’organisation réclamant l’autonomie de la région a toujours refusé la présence de soldats maliens par crainte de représailles.

Car le MNLA fut l’un des mouvements instigateurs du renversement du gouvernement malien en 2012 aux côtés des rebelles islamistes d’AQMI ou d’Ansar Dine. Mais au fur et à mesure de l’avancée française, il a infirmé sa position pour prôner la lutte contre les groupes djihadistes dans le nord du pays. Il contrôle désormais la ville, notamment aux côtés d’un contingent de soldats français. Il affirme reconnaître l’intégrité territoriale du Mali et milite en faveur d’une entité fédérale, restant ainsi ouvert à toutes négociations politiques avec Bamako.

Mais aujourd’hui, l’armée malienne souhaite reprendre son rang et affirmer son autorité. «Ceux de nos compatriotes qui se sont prêtés à cette aventure criminelle doivent savoir qu’il est plus que temps d’arrêter. Ceux qui seront désarmés et qui reconnaîtront le Mali dans ses frontières seront des interlocuteurs pour le gouvernement du Mali», a martelé Tiéman Coulibaly, la semaine dernière.

«Il ne peut pas y avoir deux armées au Mali» pour le ministre de la Défense française

L’opération militaire n’est donc pas la priorité, comme l’a rappelé, le 26 avril dernier, le ministre de la Défense française, Jean-Yves Le Drian. «La situation politique du Mali ne se règlera pas par de nouveaux combats. Elle se règlera par la compréhension mutuelle. Sinon le Mali va repartir dans une spirale infernale», a-t-il assuré dans un entretien accordé à RFI. Avant de préciser qu’«il ne peut pas y avoir deux armées au Mali». «Il n’y a qu’un Etat. Il ne peut pas y avoir des groupes armés ne dépendant pas de l’autorité de l’Etat malien. Mais pour arriver à cet aboutissement, il faut ouvrir le dialogue et le faire le plus vite possible», a-t-il ajouté.

La récente création du Haut conseil de l’Azawad (HCA) a été bien accueillie du côté de Bamako. Mais cette organisation touareg, ayant pour but d’unifier les mouvements de la région pour dialoguer avec les autorités, n’a pas les mêmes positions que le MNLA. Difficile dans ce contexte de fédérer vers une pacification de la région.

Pour autant, les négociations doivent avancer.  «C’est une question de sécurité […]. Nous ne pouvons pas tolérer que cette situation d’incertitude et de relative confusion soit maintenue à Kidal», a affirmé le chef de la diplomatie malienne Tiéman Coulibaly. Le Mali tient à son intégrité et il compte bien le prouver.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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