Le 3e terroriste dans l’affaire du train de Via Rail étudiait à l’Université Laval, à Québec

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Université Laval, Québec (Photo: Benoit Rochon, WikiCreativeCommoins)
Université Laval, Québec (Photo: Archives/Benoit Rochon/Wikimedia Commons)

Ahmed Abassi, le Tunisien arrêté à New York et mis en accusation pour complot terroriste que la police fédérale américaine soupçonne avoir été le mentor de Chiheb Esseghaier, un des auteurs présumés du complot visant à faire dérailler un train de Via Rail, au Canada, était étudiant à l’Université Laval, à Québec.

Pressé de questions, le recteur de l’Université Laval, Denis Brière, a finalement rencontré la presse vendredi 10 mai et a admis qu’Abassi était bien étudiant à la maîtrise en génie chimique à l’Université Laval.

Amère ironie, lors d’entretiens aux États-Unis avec Esseghaier, qui résidait lui aussi au Canada, à Montréal, Abassi avait suggéré un autre complot, soit la contamination de l’air ou de l’eau avec des bactéries pour tuer plus de 100 000 personnes, mais Esseghaier n’avait pas apprécié ce projet d’attentat et c’est finalement le projet de faire dérailler un train de voyageurs qui avait été retenu.

Ahmed Abassi, (capture d’écran SRC)

De plus, Abassi devait faire une présentation cette semaine à Québec au 81e congrès de l’Association francophone pour le savoir, à l’Université Laval.

Lors de sa conférence de presse, le recteur de l’Université Laval a exprimé sa surprise et assuré l’entière collaboration de l’Université avec les forces de l’ordre pour la suite de l’enquête.

Par ailleurs, le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, a tenu à préciser vendredi qu’Abassi n’avait en fait pas pu entrer aux États-Unis via le Canada.

Lorsque le gouvernement fédéral a été averti de problèmes de sécurité liés à Ahmed Abassi, celui-ci se trouvait en Tunisie et son permis d’études n’avait pas été renouvelé, a déclaré le ministre fédéral de l’immigration en conférence de presse.

On peut lire, dans le document du FBI: «Abassi, who previously resided in Canada, traveled to the United States in mid-March 2013, where he remained until his arrest. »

Donc, selon le FBI, la police fédérale américaine, Ahmed Abassi, qui résidait au Canada, s’est rendu à la mi-mars 2013 aux États-Unis où il est resté jusqu’à son arrestation.

La question de savoir si Abassi arrivait directement du Canada peut paraître secondaire par rapport aux autres questions, comme le fait qu’il a été longtemps résident canadien, qu’il ait planifié des actes terroristes et qu’il soit celui qui a radicalisé l’un des deux auteurs présumés de l’attentat déjoué par la police canadienne contre un train de voyageurs entre Toronto et New York.

Toutefois, la déclaration du ministre Kenney montre l’importance qu’attache le gouvernement à la possibilité que les questions sécuritaires nuisent dorénavant aux échanges entre le Canada et les États-Unis.

On ne peut nier que, depuis quelques mois, avec les attaques d’In Amenas en Algérie et de Mogadiscio en Somalie, qui impliquaient de jeunes islamistes d’Ontario, on entend beaucoup parler, beaucoup trop pourrions-nous dire, de terroristes venus du Canada.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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