Le CICR suspend toutes ses activités en Afghanistan après l’attaque de son bureau de Jalalabad

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Le CICR en Afghanistan (Photo: Marcel Stoessel/CICR)
Le CICR en Afghanistan (Photo: Archives/Marcel Stoessel/CICR)

Après l’attaque d’hier contre ses bureaux de Jalalabad, en Afghanistan qui a fait un mort et deux blessés parmi les membres de son personnel, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé ce jeudi 30 mai qu’il suspendait, pour la première fois en 27 ans de présence continue en Afghanistan, toutes ses activités dans ce pays.

Lors de l’attaque du bureau du CICR à Jalalabad dans l’après-midi par des hommes armés non identifiés, un garde afghan employé par l’institution a été tué, tandis qu’un collaborateur expatrié a été légèrement blessé. Le reste du personnel est sain et sauf.

«Nous condamnons cette attaque avec la plus grande fermeté », a déclaré l’organisation hier sur son compte Twitter « Nos premières pensées vont à la famille de notre collègue qui a perdu la vie.»

Aujourd’hui, vers 15h. elle annonçait la fermeture du bureau.

 

L’attaque d’hier, une première en 27 ans

Principale ville de l’est de l’Afghanistan, où l’influence des insurgés est forte, Jalalabad est fréquemment le théâtre d’attentats, mais c’est la première fois qu’un bureau du CICR, connu pour sa neutralité, est attaqué en Afghanistan.

En 2003, un employé suisso-salvadorien du CICR, Ricardo Munguia, avait été tué par balle sur une route du sud de l’Afghanistan après avoir été arrêté par des hommes qu’on croient être des talibans, mais jamais encore il n’y avait une attaque frontale et brutale comme celle d’hier où les bureaux du CICR ont été carrément pris d’assaut.

Le CICR, présent de façon continue en Afghanistan depuis 1987, s’emploie essentiellement dans ce pays «à protéger les détenus et à leur permettre de maintenir le contact avec leurs familles, à observer la conduite des hostilités et à prévenir les violations du droit international humanitaire (DIH)», peut-on lire sur le site du CICR.

Il prête aussi assistance aux malades, aux blessés et aux personnes handicapées, soutient les services de soins de santé, améliore l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Il s’attache enfin à promouvoir le DIH (le Droit international humanitaire) et apporte un soutien au Croissant-Rouge afghan.

«Au total, 36 personnes travaillent pour le CICR à Jalalabad, dont six expatriés», note un communiqué du CICR, qui précise que «Avec 1 800 collaborateurs répartis entre 17 endroits dans tout le pays, l’Afghanistan est l’une des plus vastes opérations du CICR dans le monde.»

Tristes conséquences de l’attaque

Dans un autre message sur son compte Twitter, quelques heures après le premier, le CICR déplorait aussi «qu’ en raison de cette attaque, les gens ne pourront pas recevoir une aide précieuse comme de la nourriture et des soins».

 

Pour sa part, la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan, la MANUA, a vigoureusement condamné elle aussi ce jeudi 30 l’attaque dont a été victime le bureau du CICR. La MANUA note dans son communiqué que le CICR joue un rôle humanitaire crucial et neutre dans le pays et rappelle que les agressions contre le personnel médical et humanitaire sont strictement interdites par le droit international humanitaire. Le personnel médical et humanitaire doit être protégé en tout temps, ajoute en conclusion la Mission onusienne.


Encore ému, le responsable des du CICR pour l’Asie du Sud, Jacques de Maio, condamne l’attaque du bureau de Jalalabad, en Afghanistan, par des hommes armés (Vidéo: CICR)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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