Le Conseil de sécurité condamne un autre meurtre de Casque bleu au Soudan

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Casques bleus de la FISNUA, au Soudan (Photo: ONU)
Casques bleus de la FISNUA, au Soudan (Photo: Archives/ONU)

Encore un autre casque bleu a été tué en mission au Soudan, cette fois à Abiyé, une zone région actuellement contrôlée par le Soudan, mais réclamée par le Soudan du Sud.

À la suite du Secrétaire général, le Conseil de sécurité a condamné lundi 6 mai l’attaque, perpétrée ce week-end, qui a provoqué la mort d’un Casque bleu éthiopien de la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abiyé (FISNUA), et du chef de la tribu des Ngok Dinka, Kuol Deng Kuol, rapporte le service d’information de l’ONU.

Un Casque bleu de la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abiyé(Photo: Archives/Hannah McNeish/IRIN)

La création de la FISNUA est intervenue en 2011 après que le Gouvernement du Soudan et le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) soient parvenus à un accord à Addis-Abeba (Éthiopie) pour démilitariser Abiyé et permettre aux forces éthiopiennes de contrôler la zone.

La FISNUA contrôlera la zone frontalière de tension entre le nord et le sud, et est autorisée à faire usage de la force pour protéger les civils et les travailleurs humanitaires dans la zone d’Abiyé.

Les deux hommes ont été tués par des éléments de la tribu rivale Missereya et deux autres Casques bleus ont été blessés.

Le Secrétaire général, Ban Ki-moon, avait condamné samedi l’assassinat et lancé un appel au calme dans cette zone contestée par le Soudan et le Soudan du Sud.

L’attaque du week-end n’est pas le premier incident du genre au Soudan ou au Soudan du Sud. Début avril, cinq Casques bleus et de sept membres du personnel civil de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud dans ce pays (MINUSS), ont été tués lorsqu’ils sont tombés dans une embuscade tendue par des assaillants non identifiés à proximité du village de Gurumuk, dans l’état du Jonglei, où neuf autres Casques bleus et personnels civils ont été blessés et certains sont portés disparus.

Quelques semaines plus tard, le 19 avril au Darfour, un Casque bleu de la MINUAD, la Mission des Nations-Unies au Darfour, a été abattu et deux autres blessés dans une attaque lancée par des assaillants non identifiés contre les locaux de la mission, près de Muhajeria

Dans le cas de l’attaque du week-end dernier à Abiyé, les 15 membres du Conseil de sécurité ont appelé lundi 6 mai les parties prenantes à «exercer la plus grande retenue, à coopérer avec la mission et à s’appuyer sur tous les mécanismes existants pour faciliter une enquête efficace sur ces actes de violence».

«Le Conseil», dit le texte du service d’information de l’ONU, «a également salué l’annonce faite par le gouvernement soudanais qu’il allait ouvrir dans les meilleurs délais une enquête « transparente, approfondie et équilibrée» sur l’incident, ainsi que la déclaration de soutien des autorités sud-soudanaises à la FISNUA.»

Cette attaque survient alors qu’un litige oppose les agriculteurs Ngok Dinka aux tribus pastorales Misseriya.

Les deux groupes se sont affrontés à plusieurs reprises par le passé, tout particulièrement dans la zone située entre le Soudan et le Soudan du Sud, dont les frontières sont mal définies.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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