Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU condamne la présence de combattants étrangers en Syrie

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Des garçons jouent autour d'un tank détruit de l'armée syrienne, au nord-ouest d'Alep (Photo: Archives/Romenzi/UNICEF)
Des garçons jouent autour d’un tank détruit de l’armée syrienne, au nord-ouest d’Alep (Photo: Archives/Romenzi/UNICEF)

Après un débat urgent sur « la détérioration de la situation des droits de l’homme en Syrie et le récent massacre de Qousseir », le Conseil des droits de l’homme a résolu d’enquêter sur les affrontements violents entre, d’une part, les rebelles et, d’autre part le Hezbollah libanais qui se bat aux côtés des soldats du régime syrien pour reconquérir la ville.

Le Conseil condamne en outre «fermement les violations flagrantes, généralisées et systématiques des droits de l’homme commises par les autorités syriennes et les milices progouvernementales, parmi lesquelles l’utilisation de missiles balistiques contre des civils, notamment à Qousseir», rapporte le service d’information de l’ONU.

L’UNICEF affirme pour sa part que de 12 000 à 20 000 personnes, dont un grand nombre d’enfants, sont coincées dans la ville assiégée.

«Des violations des droits de l’homme patentes sont commises par toutes les parties au conflit», a affirmé quant à elle la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, en ouverture du débat du Conseil.

«Tous les jours, des hommes, des femmes et des enfants sont victimes d’un déchaînement de violence. Les combattants étrangers sont toujours plus nombreux à se rendre en Syrie pour soutenir l’une des deux parties, ce qui alimente une violence sectaire qui menace de gagner l’ensemble de la région », a déclaré la Haut commissaire.

De son côté, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a réitéré son appel à une solution politique au conflit lors d’une réunion consultative sur la Syrie qui s’est tenue à Téhéran en Iran.

Le Secrétaire général a souligné que les efforts des ministres des Affaires étrangères de la Russie et des États-Unis, MM. Lavrov et Kerry, pour rassembler les belligérants autour de la table des négociations représentaient la meilleure opportunité pour une solution négociée depuis près d’un an. La Conférence internationale sur la Syrie devrait avoir lieu en juin.

Ban Ki-moon s’était déjà déclaré le 26 mai extrêmement préoccupé par l’intensité des affrontements militaires en Syrie, en particulier dans et autour de la ville de Qousseir, ainsi que par la participation avérée et accrue du Hezbollah dans les combats en Syrie, ainsi que par le risque de contagion au Liban, qui a connu des tensions croissantes au cours de la semaine écoulée.

Le Secrétaire général s’est toujours opposé, rappelait-il lui-même plus tôt cette semaine dans un communiqué, à l’arrivée d’armes et de combattants de l’extérieur vers un quelconque camp à l’intérieur de la Syrie et a exhorté tous les pays, les organisations et les groupes à cesser immédiatement de soutenir la violence en Syrie et à user plutôt de leur influence pour promouvoir une solution politique à la tragédie syrienne.

Pendant ce temps

Pendant ce temps, sur le terrain en Syrie, les forces gouvernementales se sont emparées du secteur d’Arjoune, une des derniers places fortes de la rébellion dans le nord de Qousseir, réduisant maintenant à néant les chances des combattants de pourvoir s’échapper sans être tués ou capturés, rapportait l’AFP ce matin.

«Soldats et combattants du Hezbollah se préparent à y attaquer la dernière poche rebelle, alors que l’opposition a lancé un appel «urgent» à la communauté internationale pour sauver plus de 1 000 civils blessés» piégés dans la ville.», rapportait l’agence.

Par ailleurs, l’opposition syrienne, après une semaine de tractations à Istanbul, exclut finalement sa participation à un «Genève 2» tant que «des militants iraniens et du Hezbollah envahissent la Syrie».

Cette conférence internationale que préparaient les Russes et les Américains, à laquelle le régime de Damas avait donné son accord de principe, visait à réunir opposition et pouvoir syrien pour tenter de trouver une solution au conflit qui, en 27 mois a fait plus de 94 000 morts et 5 millions de personnes déplacées et menace maintenant de se «régionaliser».


La Haut-commissaire aux droits de l’Homme parle d’un cauchemar (Vidéo: BBC News)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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