Le HCR demande la suspension de la reconduction à la frontière des réfugiés centrafricains

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Des réfugiés centrafricains qui ont fui les violences dans leur pays, dans un camp situé dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC) (Photo:  Archives/Lejeune-Kaba/UNHCR/F)
Des réfugiés centrafricains qui ont fui les violences dans leur pays, dans un camp situé dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC) (Photo: Archives/Lejeune-Kaba/UNHCR/F)

Le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) a renouvelé mardi 30 avril sa recommandation de suspendre les retours forcés de réfugiés vers la République centrafricaine, compte tenu de la situation instable et dangereuse dans ce pays, théâtre de plusieurs violations des droits de l’homme et où la situation humanitaire se une détériore rapidement.

L’agence onusienne explique qu’une population importante fuyantla République centrafricaine pourrait répondre aux critères pour l’obtention du statut de réfugié, tel que le définit la Convention de l’Organisation de l’unité africaine et la Convention de 1951.

La situation en République centrafricaine s’est en effet rapidement détériorée lorsque les forces rebelles de la Séléka ont lancé une série d’attaques depuis le nord, puis, le 24 mars dernier, se sont emparées de la capitale, Bangui, en proie depuis aux pillages et aux exactions, le nouveau pouvoir s’avérant incapable de ramener le calme et de rétablir l’ordre.

Des assassinats ciblés, des arrestations et des détentions arbitraires, ainsi que des actes de torture et des cas de recrutement forcé d’enfants ont été signalés à maintes reprises, dit un communiqué du HCR.

«Les viols, disparitions, enlèvements ainsi que l’extorsion et les pillages à Bangui ou dans d’autres parties du pays sont également évoqués. L’accès humanitaire aux populations touchées demeure très limité », déclare le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, ajoutant « La violence de ces derniers mois a déplacé près de 173 000 personnes à l’intérieur de la République centrafricaine, tandis que près de 50 000 réfugiés sont dénombrés dans les pays voisins, en République démocratique du Congo (37 000), au Tchad (5 000) et au Cameroun (2 000).»

Le HCR recommande donc que soient suspendus les retours forcés de réfugiés centrafricains jusqu’au rétablissement de conditions de sécurité acceptables en République centrafricaine.

Par contre, l’agence onusienne encourage les États à la plus grande prudence pour identifier les combattants et les séparer des populations réfugiées : «L’exclusion du statut de réfugié pourrait être envisagée pour certains individus, autres que les combattants, par exemple ceux suspectés de s’être livrés à des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité en République centrafricaine », a souligné Adrian Edwards.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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