Le Hezbollah et l’Iran pourraient intervenir dans la bataille en Syrie

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Des Syriens et des partisans tiennent un poster du leader du Hezbollah, Hassan Nassrallah (g), et du président syrien Bashar al-Assad, le 14 octobre 2012 à Beyrouth (Photo : Archives/Anwar Amro/AFP)
Des Syriens et des partisans tiennent un poster du leader du Hezbollah, Hassan Nassrallah et du président syrien Bachar al-Assad, le 14 octobre 2012 à Beyrouth (Photo: Archives/Anwar Amro/AFP)

Dans une intervention télévisée, le chef du puissant mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, a évoqué la situation dans la région, et notamment en Syrie. Il a appelé tous les protagonistes à orienter leurs efforts vers une solution politique qui, a-t-il dit, «est préférable en tous points à l’affrontement militaire, lequel, s’il se poursuit, deviendra extrêmement dangereux pour la région».

Le dignitaire chiite a surtout centré son discours – qui était prévu au départ pour le 9 mai – sur l’affaire du drone envoyé en Israël à partir du Liban, et sur la crise syrienne et ses répercussions régionales.

Le chef du Hezbollah a tout d’abord évoqué l’envoi du drone. Démentant formellement l’implication du Hezbollah, il a souligné qu’Israël s’était dépêché de l’accuser sans apporter de preuves suffisantes pour étayer ses accusations. «Il n’y a d’ailleurs rien qui prouve que cet avion a réellement été envoyé. Je ne dis pas non plus que cela n’a pas eu lieu. Mais aucune preuve n’a été avancée à ce propos», a-t-il déclaré.

Quatre hypothèses existent sur le lancement de ce drone. Hassan Nasrallah infirme la possibilité que ce soit les gardes révolutionnaires iraniens qui en seraient responsables ou encore que ce serait l’œuvre d’une partie tierce «amie» du Hezbollah, palestinienne ou autre. «Il n’existe aucune indication encore dans ce sens», a affirmé Nasrallah.

Évoquant la possibilité que ce serait une partie adverse, mais non israélienne, «ceci est plausible mais non prouvé», a-t-il indiqué.

Enfin, la quatrième hypothèse fait assumer la responsabilité à Israël lui-même qui, «fort de ses réseaux actifs, aurait fait introduire le drone au Liban pour l’envoyer ensuite en Palestine». C’est bien évidemment l’hypothèse privilégié par le leader chiite.

S’il ne nie pas l’implication de certains de ses éléments dans certaines batailles en Syrie, le secrétaire général du Hezbollah a tenu à préciser que le nombre de victimes de son parti «est largement amplifié dans les médias». Selon lui, le Hezbollah «n’a pas l’habitude de cacher ses martyrs».

«Ce qui est actuellement demandé, c’est d’empêcher que ce pays continue d’avoir une influence régionale», a-t-il insisté, rappelant que les effets de ce conflit se feront ressentir «au Liban, en Palestine, en Jordanie, en Irak et en Turquie».

Concluant la première partie de son intervention sur la chaîne du mouvement al-Manar, Hassan Nasrallah s’est directement adressé aux rebelles syriens, les assurant qu’ils ne pourront pas «faire chuter Damas» et qu’ils sont «incapables de faire chuter le régime par les moyens militaires quoi qu’en disent les médias arabes».

Une réponse implicite à Bogdanov
En réponse apparente au vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaël Bogdanov, qui avait conseillé au Hezbollah de retirer ses combattants de Syrie, le chef du Hezbollah a indiqué que l’Iran et son parti pourraient intervenir directement dans le conflit. Selon lui, les «amis de la Syrie», ne permettront pas que le régime de Bachar al-Assad tombe.

Évoquant l’implication de son parti dans la guerre syrienne, Hassan Nasrallah a déclaré «la Syrie compte dans la région de vrais amis qui ne permettront pas que ce pays tombe dans les mains des États-Unis, d’Israël ou des groupes takfiri [les fondamentalistes sunnites, ndlr][…] Il y a actuellement des experts iraniens qui sont en Syrie depuis des dizaines d’années, mais pas de forces militaires iraniennes car c’est maintenant le peuple syrien qui combat, a affirmé Nasrallah. Mais si la situation devenait plus dangereuse, des États, des mouvements de résistance et d’autres forces seraient dans l’obligation d’intervenir de manière efficace dans la confrontation sur le terrain.»

Pour la première fois, le leader chiite a aussi reconnu que ses troupes combattent aux côtés de l’armée syrienne. «Un grand nombre de combattants [rebelles]se préparaient à prendre le contrôle de villages habités par les Libanais. Aussi, était-il normal d’offrir toute l’aide possible et nécessaire pour épauler l’armée syrienne, les comités populaires [les milices locales pro-Assad]et les habitants libanais», a-t-il dit.

Le mausolée de saydé Zeinab
Mettant en garde les rebelles et plus précisément les groupes salafistes, le chef du Hezbollah les a averti de ne pas tenter de détruire à Damas le mausolée de saydé Zeinab, fille du premier imam chiite, Ali ben Abi Taleb, et petite-fille du prophète Mohammad.

«Il y a actuellement des combattants qui se trouvent à quelques centaines de mètres du mausolée à Damas, a précisé Nasrallah. C’est un lieu de culte extrêmement important dans son symbolisme, d’autant que les groupuscules armés ont menacé de le détruire une fois qu’ils auront mis la main sur cette localité», a affirmé Nasrallah qui a prévenu des «répercussions extrêmement dangereuses» si l’édifice était détruit. «Afin d’éviter la discorde, les États qui financent les groupuscules salafistes sont invités à les dissuader de s’en prendre à ce haut lieu symbolique», a-t-il lancé.
Hassan Nasrallah a par ailleurs affirmé qu’il «ne restera plus les bras croisés» dans l’affaire des otages de Aazaz, accusant certaines parties «de ne pas désirer leur libération en attendant un timing politique plus approprié».

Réitérant la nécessité de ne pas voir la crise syrienne transposée au Liban, le chef du Hezbollah a dénoncé la participation de certains groupuscules libanais dans les affrontements à Qoussair. «Nous connaissons leurs noms. Mais nous n’avons pas réagi pour autant parce que nous nous sommes engagés à épargner au Liban tout conflit», a-t-il dit. Et de lancer un dernier cri exhortant les États influents à œuvrer ensemble en vue de la cessation de la guerre en Syrie.


Le discours d’Hassan Nasrallah, le 30 avril 2013 (Vidéo: Al-Manar)

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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