Le Pentagone prévoit «5 à 6%» de réduction pour ses effectifs civils

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(Photo: Archives/David B. Gleason/Flickr)
Le Pentagone compte actuellement 780 000 employés civils (Photo: Archives/David B. Gleason/Flickr)

Lors d’une déclaration devant le National Press Club à Washington, le secrétaire adjoint à la Défense Ashton Carter a annoncé, ce mardi, que le Pentagone envisageait de réduire ses effectifs civils de «5 à 6%» sur les cinq prochaines années. Une nouvelle étape dans l’amaigrissement progressif des forces américaines.

Face aux restrictions budgétaires qui lui sont imposées, le Pentagone tente de s’adapter pour mener à bien sa mission de sécuriser les intérêts nationaux sur son propre sol et dans le reste du monde. Ce mardi, le secrétaire adjoint à la Défense Ashton Carter a assuré que le ministère prévoyait de réduire ses effectifs civils, aujourd’hui à hauteur de 780 000 employés.

«Ces réductions sont pour l’essentiel proportionnelles à celles des effectifs militaires», a déclaré M. Carter. Ainsi, la composante active de l’US Army perdra près de 100 000 hommes pour passer à 490 000 unités d’ici 2017. Celle du corps des Marines passera, pour sa part, à 182 000 hommes.

«Nous ne méritons que l’argent dont nous avons besoin, pas ce à quoi nous étions habitués», a déclaré Ashton Carter lors de son intervention. Afin d’alléger ses effectifs civils, le Pentagone a prévu de fermer certaines bases militaires. Si le Congrès risque de s’opposer à une telle initiative, la Défense américaine a d’ores et déjà assuré que 2,4 milliards $ ont été provisionnés pour financer ces fermetures. «Mais sur le long-terme, les cinq cycles de fermeture déjà effectués par le passé ont toujours généré d’importantes économies», a ajouté M. Carter. Ce dernier a même estimé  une économie de 12 milliards $ chaque année.

Pour ce faire, le Pentagone veut également s’attaquer à la lourdeur de sa bureaucratie. Surnommée par Ashton Carter comme «le quatrième service», en plus de l’Army, la Navy et l’Air Force, elle constitue «un cinquième du budget du ministère». De quoi mériter «au moins autant d’attention que les budgets des autres services. Il y a de réelles économies à réaliser», a martelé Ashton Carter.

L’état-major interarmes, le bureau du secrétaire à la Défense ou encore les différentes agences relevant du ministère en matière de logistique, de recherche ou de missiles, seraient ainsi visés par ces réductions budgétaires.

Déjà affaibli par le gel automatique de 46 milliards $ suite au désaccord entre Républicains et Démocrates, le budget du Pentagone s’élèvera à 526,6 milliards $ pour l’année 2014. Sans compter la présence en Afghanistan, évaluée à 87 milliards lors du budget précédent.

Hagel assure que les États-Unis «géreront ces problèmes»

Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, avait d’ores et déjà averti, en mars dernier, que le gel automatique pour la Défense, risquait d’empêcher les États-Unis de mener à bien ses missions militaires. «Nous gérerons ces problèmes. Il s’agit d’ajustements. Nous avons anticipé ce genre de réalités et nous ferons ce que nous devons faire pour préserver les capacités de nos forces», avait-t-il tempéré.

Dans son rapport annuel, publié le 31 janvier dernier, le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Anders Fogh Rasmussen, s’inquiétait, pour sa part, des diminutions budgétaires et des aménagements à venir dans les différentes armées nationales de l’Alliance atlantique. «Opérer des coupes disproportionnées dans les budgets de défense revient à affaiblir non seulement nos forces armées, mais aussi les industries qui les soutiennent et qui sont d’importants leviers pour l’innovation, l’emploi et l’exportation», écrivait-il alors.

En s’attaquant à ses effectifs civils, le Pentagone tente ainsi d’atténuer l’impact de coupes budgétaires sur son rayonnement international. S’ils restent la première puissance militaire mondiale, les États-Unis sont contraints, comme de nombreux autres pays, de s’adapter aux contraintes économiques actuelles.


Message du chef d’État-major interarmées sur les coupes budgétaires – 1er mars 2013 (Vidéo: DoD)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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