Les affrontements en RDC au coeur des préoccupations du Sommet africain d’Addis Abeba

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Le président de RDC Joseph Kabila le 26 mai 2013 à Addis Abeba (Photo: Simon Maina/AFP)
Le président de RDC Joseph Kabila le 26 mai 2013 à Addis Abeba (Photo: Simon Maina/AFP)

Alors que les combats ont repris de plus belle entre l’armée et les rebelles du M23 aux abords de Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), les dirigeants des 11 pays signataires de l’accord d’Addis Abeba, présents dans la capitale éthiopienne pour le sommet de l’Union africaine, se sont réunis pour la première fois ce dimanche 26 mai pour tenter de mettre en oeuvre un accord de paix qu’ils ont conclu en février dernier.

Convoité pour ses immenses ressources minières, l’est de la RDC est le théâtre d’affrontements entre milices rivales soutenues par des puissances régionales depuis des décennies.

Ont pu se rencontrer à cette occasion le président de RDC Joseph Kabila et ses homologues du Rwanda et d’Ouganda, Paul Kagame et Yoweri Museveni, qu’il accuse de soutenir la plus puissante des milices antigouvernementales, le Mouvement du 23 mars(M23), accusations que rejettent cers deux pays.

L’accord d’Addis Abeba prévoyait que les différents signataires protègent la souveraineté territoriale et préservent la paix et la stabilité de la RDC en s’abstenant, notamment, de soutenir tout groupe armé.

Cet accord «est la meilleure chance de paix depuis de nombreuses années», avait déclaré la semaine dernière le secrétaire général des Nations Unies pour qui le Rwanda a un rôle «essentiel» à jouer pour garantir la paix dans l’est de la RDC. Soupçonnant lui aussi les autorités rwandaises d’épauler l’insurrection en RDC, Ban Ki-Moon avait alors appelé «tous les dirigeants [de la région, NDLR]à jouer leur rôle».

«Nous aurons besoin de passer le test de la mise en oeuvre» de l’accord de février, a déclaré avant la réunion le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, ajoutant qu’une paix durable n’est possible que «si tous les pays signataires travaillent ensemble pour sortir de l’impasse politique et créer une nouvelle dynamique en faveur de la sécurité de la population et du développement économique».

Le M23 combat depuis mai 2012 l’armée de RDC, et la milice a suspendu début mai sa participation aux laborieux pourparlers ouverts en décembre à Kampala après son retrait de Goma.

Le sommet de l’Union africaine

Le sommet de l’Union africaine, réuni dans la capitale éthiopienne, doit évoquer aborder la question de la situation au Mali, où la MINUSMA, une force dirigée par l’ONU de 12.600 hommes doit prendre le relais de la MISMA, dirigée par les pays africains, et des quelque 4 000 soldats français de l’opération Serval qui ont chassé, avec l’appui de contingents d’Afrique occidentale, les milices islamiques qui avaient conquis et occupé pendant près d’un an le nord du Mali.

Seul chef d’État européen invité à Addis Abeba samedi pour le cinquantenaire de la naissance de l’Organisation de l’unité africaine, ancêtre de l’Union africaine, le président français François Hollande a rappelé que «ce sont les Africains qui, demain, devront assurer la sécurité de leur continent», même si «la France sera toujours à leurs côtés».

Par ailleurs, alors que deux attentats suicide islamistes ont encore tué une vingtaine de personnes jeudi dans le nord du Niger, le président français a invité les chefs d’État africains à tenir à la fin de l’année à Paris un sommet consacré à la sécurité et «à la lutte contre le terrorisme».


Intervention du président français , François Hollande, au sommet du 50e Anniversaire de l’Union Africaine (Vidéo: présidence française)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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