Les cyberattaques chinoises: la guerre qu’il ne faut pas nommer

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Le président chinois Xi Jinping rendra visite au président Obama les 7 et 8 juin prochain(Photo: Archives/Goh Chai Hin/AFP)
Le président chinois Xi Jinping rendra visite au président Obama les 7 et 8 juin prochain (Photo: Archives/Goh Chai Hin/AFP)

L’unité de l’armée chinoise identifiée comme l’acteur central dans les cyberattaques de la Chine sur les gouvernements et les entreprises étrangères, particulièrement américaines, a repris ses activités même après avoir été démasquée au début de cette année et les cyberattaques chinoises se poursuivent de plus belle dans cette guerre qu’il ne faut pas nommer.

Selon un deuxième rapport commandé par le New-York Times et publié par la firme de cybersécurité Mandiant , celle-là même qui avait démasqué l’unité chinoise en février dernier, l’unité PLA 61398 fonctionne encore à environ 60 à 70 pour cent de sa capacité antérieure et après avoir fait mine d’enlever des serveurs les outils utilisés pour l’espionnage, ils ont maintenant largement redémarré leurs activités, ciblant souvent les mêmes entreprises et organismes que précédemment.

Malgré les protestations des autorités américaines, le gouvernement chinois a toujours refusé de sévir contre ses pirates. Le Conseiller à la sécurité nationale Tom Donilon devrait aborder la question avec ses homologues chinois lors d’un prochain voyage en Chine.

En outre, président Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping vont se retrouver les 7 et 8 juin à Sunnylands, dans la région de Palm Springs, à 160 km à l’est de Los Angeles, pour des «discussions en profondeur sur un ensemble de dossiers bilatéraux, régionaux et mondiaux», dit un communiqué de la Maison-Blanche lundi 20 mai.

Les deux dirigeants «examineront les progrès et les difficultés [qui ont marqué]les relations américano-chinoises ces quatre dernières années, et discuteront des moyens d’améliorer la coopération, tout en gérant nos désaccords de façon constructive, dans les années à venir», précise le communiqué.

Malgré les protestations des autorités américaines, le gouvernement chinois a toujours refusé de sévir contre ses pirates. Le Conseiller à la sécurité nationale Tom Donilon devrait aborder la question avec ses homologues chinois lorsqu’il se rendra à Beijing du 26 au 28 mai prochain pour préparer la venue du président chinois en Amérique, ), pour qui ce sera la première rencontre depuis qu’il a accédé à présidence de la Chine le 14 mars dernier.

Les cyberattaques chinoises: la guerre qu’il ne faut pas nommer

Les autorités américaines avaient dans un premier temps réagi avec beaucoup de prudence et de circonspection au premier rapport de la société Mandiant le 19 février qui décrivait en détail une série de cyberattaques imputée avec certitude à l’Unité PLA 61398.

La sortie du rapport semblait plutôt embarrasser les Américains, engagés sur la question de la cybersécurité dans des négociations délicates avec le géant chinois, qui se trouve en outre à être , non seulement un partenaire économique indispensable mais aussi le principal détenteur d’obligations gouvernementales américaines.

En revanche, le mois suivant, en avril, dans un entretien diffusé à la télévision, le président américain, Barack Obama, s’était exprimé sur un ton plus ferme, assurant que certaines attaques en provenance de Chine et à destination de compagnies ou d’infrastructures américaines étaient «soutenues par l’État» chinois et que cela ne pouvait être toléré.

«Nous allons avoir quelques conversations plutôt musclées avec eux [les dirigeants chinois, ndlr], nous en avons déjà eues», avait déclaré le président Obama à l’antenne du réseau ABC, nuançant toutefois en disant qu’il y a une grande différence entre le fait qu’ils soient engagés dans de l’espionnage informatique ou des cyberattaques et une vraie guerre».


«Advanced persistent threat »:la vidéo de la société de cybersécurité Mamdiant qui explquait, en février dernier les activités d’une unité chinoise de cyberespionnage (Vidéo: Mandiant)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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