Les Nations Unies au coeur de la tourmente en République Démocratique du Congo

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L'Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson (Photo: Archives/Sylvain Liechti/MONUSCO)
L’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson (Photo: Archives/Sylvain Liechti/MONUSCO)

En République démocratique du Congo, où les affrontements ont repris lundi dans l’Est du pays entre les rebelles du M23 et l’armée congolaise, l’ONU, bien loin d’une simple mission de maitien de la paix, se retrouve avec sa brigade d’intervention dotée d’un mandat offensif et ses efforts pour régler la crise au coeur du conflit qui secoue cette région.

Près de Goma, au Nord-Kivu, les combats commencés lundi entre les rebelles du M23 et les Forces gouvernementales congolaises se poursuivaient mardi, à la veille de la tournée de la région des Grand lacs du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, qui s’arrêtera à Kinshasa mercredi, puis effectuera une visite à Goma jeudi, avant de se rendre ensuite à Kigali, au Rwanda voisin.

Des rebelles congolais du M23, le 30 novembre 2012 à Sake, dans l’est de la RDC (Photo: Archives/Phil Moore/AFP)

Alors que l’armée congolaise et le M23 continuent à s’accuser mutuellement d’avoir lancé les hostilités, les combats à l’arme lourde font encore rage à une dizaine de kilomètres de Goma et, selon les autorités congolaises, le bilan mardi déjà mardi de 19 morts et 27 blessés.

«Le bilan des combats de ce lundi 20 mai fait état de 15 éléments tués et 21 blessés lors des combats […] parmi les pseudo-mutins du M23 tandis que les forces gouvernementales ont enregistré 4 morts et 6 blessés«, a déclaré à Kinshasa mardi le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Le groupe rebelle M23 a quant à lui démenti ce bilan, déclarant plutôt, par la voix de son porte-parole le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, que deux officiers des Forces armées de la RDC ont été tués et plusieurs militaires blessés, lundi, tandis que le M23 , selon son porte-parole, n’aurait eu a dans ses rangs que deux blessés.

L’ONU en tête des efforts de stabilisation

Pendant ce temps, on attend donc dans la région mercredi le Secrétaire-général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui sera accompagné par le président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim, par Hervé Ladsous, chargé des opérations de maintien de la paix à l’ONU et par Mary Robinson, envoyée spéciale des Nations Unies dans les Grands lacs.

Mary Robinson, déclarant que «Les souffrances et le déplacement des populations, en particulier les femmes et les enfants, dans l’est de la RDC et au-delà, n’ont que trop duré et ne peuvent plus être tolérés», a proposé «certains principes directeurs qui devraient guider les efforts en vue de
régler les causes immédiates de la crise dans l’Est de la RDC, tout en se concentrant sur les efforts à long terme pour éliminer les facteurs profonds des conflits dans la région des Grands Lacs.»

Entre le 28 avril et le 5 mai, Mme Robinson, l’ancienne Présidente de l’Irlande, avait effectué une première tournée régionale en tant qu’Envoyée spéciale pour promouvoir et superviser la mise en œuvre par les pays signataires de l’Accord-cadre de paix, de sécurité et de coopération pour la RDC et la région, conclu en février 2013 à Addis Abeba, en Éthiopie.

Des policiers congolais patrouillent dans une rue de Goma, le 4 décembre 2012 (Photo: Archive /Phil Moore/AFP)

Alors que le Rwanda et l’Ouganda avaient été accusés de soutenir le M23, l’accord d’Addis Abeba interdit aux pays voisins de soutenir les mouvements rebelles et encourage une série de réformes en vue de l’instauration d’un État de droit dans l’est de la RDC.

L’accord prévoyait aussi le renforcement de la Mission des Nations-Unies, la MONUSCO, par la création d’une brigade d’intervention dotée d’un mandat offensif, composée de 3.000 soldats tanzaniens, malawites et sud-africains.

La mise en place de la brigade d’intervention est commencé, mais le Secrétaire général, Ban Ki-moon a déclaré mardi «Vu ce qui se passe, je pense que nous devons accélérer le déploiement pour qu’ils soient pleinement à pied d’oeuvre le plus tôt possible».

Mme Robinson demande aussi pour sa part que le retour volontaire de tous les réfugiés dans la région soit accéléré et que «la démobilisation de tous les groupes armés actifs dans l’est de la RDC, congolais et étrangers, soit relancée.»

Le président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim, quant à lui , devrait annoncer lors de de cette visite un plan d’intégration régional de 1,2 milliard de dollars pour favoriser l’éradication des groupes armés, beaucoup plus motivés par le profit d’extractions minières artisanales, de coupes illégales de bois et de trafics en tous genres que par des raisons idéologiques ou politiques.


Affrontements entre le M23 et l’armée régulière (Vidéo: Télé 24/CongoNewsDiaspora)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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