Les soldats maliens contraints à une formation sur les droits de l’Homme

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Pierre Jacques, employé du HCR en charge de la protection, écoute une question posée par l'un des soldats participant à une formation sur les droits humains à la base militaire de Koulikoro (Photo: HCR)
Pierre Jacques, employé du HCR en charge de la protection, écoute une question posée par l’un des soldats participant à une formation sur les droits humains à la base militaire de Koulikoro (Photo: HCR)

Les soldats maliens, qui ont été accusés de se livrer à des représailles contre les populations civiles, doivent recevoir maintenant des cours spécifiques sur la question des droits de l’homme.

Ces cours ont été requis par la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU en décembre qui a autorisé le déploiement d’une force africaine pour le maintien de la paix comptant 3 000 hommes au Mali, suite à l’intervention militaire menée par les Français.

L’armée malienne a été accusée d’avoir commis des abus des droits de l’homme contre des partisans présumés des rebelles, y compris des Peuls, des Touaregs et des Arabes, depuis le lancement en janvier dernier de la contre-offensive.

Beaucoup disent avoir fui, car ils craignent les représailles et, aujourd’hui, on compte plus de 175 000 réfugiés maliens enregistrés en Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso et en Algérie.

La résolution de décembre avait donc souligné l’importance de la formation des forces militaires sur le droit humanitaire et la question des droits de l’Homme.

Séminaires sur les droits de l’Homme

C’est ainsi qu’ont maintenant commencé des séminaires sur la question des droits de l’homme et le droit humanitaire international qui sont financés par l’Union européenne, le HCR, OCHA (Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires).

Les cours ont été conçus pour informer des soldats du contingent malien de la différence entre des combattants et des civils ; de la protection à assurer aux travailleurs humanitaires, aux enfants, aux réfugiés, aux personnes déplacées et à de hauts représentants de l’administration ; ainsi que de l’interdiction de prendre des personnes en otage, d’utiliser la torture, de tirer des coups de feu arbitraires ou d’effectuer des pillages.

«J’ai trouvé que les cours sont très encourageants car les soldats se montrent très réceptifs aux principes du droit humanitaire international et ils comprennent l’importance non seulement de protéger les civils, mais aussi d’agir dans la légalité envers tous les Maliens », a déclaré à ce propos Pierre Jacques, employé du HCR en charge de la protection, qui a donné ce cours aux soldats.

Par ailleurs, des représentants du HCR, indique un communiqué de l’organisme, se sont dit «particulièrement encouragés par la participation de soldats touaregs aux formations. En créant une force militaire composée de différents groupes ethniques, on espère éviter les représailles.»

Outre le droit international humanitaire, les séminaires abordent des sujets comme la protection des femmes et des enfants dans les conflits armés ; la coordination entre les militaires, les organisations humanitaires et les ONG ; ainsi que les droits des réfugiés et des personnes déplacées en situation de combat.

Finalement, des cas pratiques ont aussi été proposés aux soldats sur les situations auxquelles ils pourraient être confrontés.

Que faire, par exemple, quand un enfant armé semble prêt à vous attaquer? La réponse…le neutraliser? Penser avant tout à se protéger? Il n’y pas de réponse facile!

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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