Libye: un attentat à la voiture piégée tue plusieurs personnes à Benghazi

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Un nouvel attentat à la voiture piégée a secoué la ville de Benghazi, ce lundi, tuant plusieurs personnes (Photo: Capture d'écran/Youtube)
Un nouvel attentat à la voiture piégée a secoué la ville de Benghazi, ce lundi, tuant plusieurs personnes (Photo: Capture d’écran/Youtube)

D’après le vice-ministre libyen de l’Intérieur, un attentat à la voiture piégée a coûté la vie, ce lundi, à au moins quinze personnes devant un hôpital de Benghazi, dans l’est du pays. Si le bilan est encore incertain, cette nouvelle attaque vient, une nouvelle fois, démontrer l’instabilité actuelle du pays, deux ans après la chute de Mouammar Kadhafi.

«Quinze personnes sont mortes et au moins trente autres ont été blessées dans l’explosion d’une voiture piégée près de l’hôpital», a indiqué à l’AFP le vice-ministre de l’Intérieur, Abdallah Massoud. Précisant qu’il s’agit d’un «bilan provisoire», il a également ajouté que «l’explosion a totalement détruit un restaurant et a gravement endommagé des immeubles à proximité». L’attaque a eu lieu près de l’hôpital al-Jala, dans une zone très fréquentée de la ville libyenne.

S’appuyant sur des témoins et une source médicale, l’agence Reuters a évoqué, pour sa part, un premier bilan de trois morts et de 17 blessés. Selon le groupe britannique BBC, 9 personnes seraient décédées, parmi lesquelles plusieurs enfants. De son côté, un responsable de la direction de police à Benghazi, Tarak al-Kharaz a affirmé à la chaîne Libya al-ahrar que 13 personnes étaient mortes et 41 blessées.

Le bilan est encore flou mais les témoignages sont éloquents. Un médecin interrogé par Reuters a ainsi assuré qu’un seul cadavre était pour l’heure arrivé en entier à la morgue, rendant délicat l’estimation du nombre de victimes. «J’ai vu des gens courir, certains ramassant des morceaux de corps. L’odeur de poudre a envahi la zone», a indiqué un témoin de la scène.

Rapidement, des centaines de personnes se sont rassemblées autour du lieu de l’attentat. D’après un journaliste de l’AFP, certains manifestants ont scandé «Benghazi réveille-toi» en référence au slogan lancé lors de la révolution libyenne ayant conduit, en 2011, à la chute de Mouammar Kadhafi.

L’armée a ordonné le déploiement d’unités spéciales pour assurer la sécurité dans la ville, selon l’état-major de l’armée libyenne. Une «réunion d’urgence» avec les responsables de sécurité a d’ores et déjà été annoncée par le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité du pays.

Dans le même temps, le gouvernement libyen a évoqué «un crime odieux» et un «acte terroriste» ayant provoqué la mort d’«innocents». Il a ainsi promis de «faire son devoir pour arrêter les criminels et les traduire devant la justice».

De son côté, la mission des Nations Unies en Libye (Unsmil) a «fermement condamné l’attentat criminel», appelant «tous les Libyens à la solidarité durant cette phase critique face à toutes les tentatives de destructions, le terrorisme et la déstabilisation de la Libye».

Un pouvoir affaibli par la rébellion de milices armées

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius (c), en visite sur les lieux de l’attentat contre l’ambassade de France à Tripoli, le 23 avril 2013 (Photo: Archives/Mahmud Turkia/AFP)

Car deux ans après la chute du dictateur Kadhafi, le pays reste bouleversé par une instabilité chronique. Le pouvoir actuel peine à affirmer son autorité sur le territoire libyen. Pire, il doit faire face à différentes milices armées, engageant ainsi un bras de fer tenace. Pendant plusieurs jours, le ministère des Affaires étrangères est ainsi resté en état de siège, encerclé par des miliciens.

Vendredi dernier, deux commissariats de Benghazi ont été visés par des attentats à la bombe. Même constat, ce dimanche, avec deux nouvelles attaques. Le 23 avril dernier, c’est l’ambassade de France à Tripoli qui a été victime d’un attentat à la voiture piégée.

Face à cette insécurité, la population est excédée. «C’est la chair de nos fils, voilà ce que les milices nous apportent», a martelé un manifestant sur les lieux de l’attentat de lundi. «Tout ce dont nous avons besoin ici, c’est de la police et de l’armée», a-t-il ajouté.

Les autorités occidentales tentent pour leur part de réagir afin de protéger leurs ressortissants devant cette nouvelle escalade de violences. Ce lundi, le porte-parole du Pentagone George Little a annoncé que les États-Unis avaient prépositionné des forces militaires, notamment en Sicile, pour intervenir en cas de menaces contre leur personnel diplomatique. Londres et Washington avaient déjà décidé, la semaine dernière, d’évacuer une partie de leur personnel à Tripoli.

En attendant, la Libye vit au rythme du combat incessant entre les forces armées et les milices rebelles. Ces dernières assurant tirer leur légitimité de leur rôle joué dans la chute du colonel Kadhafi, le vide sécuritaire actuel inquiète. Et laisse présager d’un avenir sombre pour un peuple déjà meurtri par plusieurs années de dictature.
Attentat à la voiture piégée en Libye – 13 mai 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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