L’instabilité en Libye inquiète la diplomatie occidentale

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Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius (c), en visite sur les lieux de l'attentat contre l'ambassade de France à Tripoli, le 23 avril 2013 (Photo: Archives/Mahmud Turkia/AFP)
Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius (c), en visite sur les lieux de l’attentat contre l’ambassade de France à Tripoli, le 23 avril 2013 (Photo: Archives/Mahmud Turkia/AFP)

Londres évacue une partie du personnel de son ambassade à Tripoli, d’autres chancelleries occidentales réduisent leurs effectifs en raison de risques sécuritaires aggravés. Rien ne va plus en Libye, qui vit l’une de ces pires crises politiques depuis la chute de l’ancien leader Mouammar Kadhafi.

«Compte tenu des implications sécuritaires liées à l’incertitude politique actuelle, l’ambassade britannique évacue temporairement une petite partie de son personnel, essentiellement ceux qui travaillent en soutien aux ministères affectés par les récents développements», a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.

Deux attentats ont en effet visés deux commissariats à Benghazi, et sont le témoin de l’insécurité croissante en Libye où les autorités peinent à mettre sur pied des forces de sécurité efficaces et sont engagées dans un véritable bras de fer avec des milices armées.

Les autorités américaines ont elles-aussi décidés de prendre une mesure à celle de la Grande-Bretagne, affirmant que la sécurité dans la capitale s’est détériorée.

Cela fait désormais plus de dix jours que des miliciens encerclent les ministères de la Justice et des Affaires étrangères. Ils réclamaient notamment une loi bannissant de la vie politique les anciens responsables et collaborateurs du régime Kadhafi.

Mais même après que le Congrès général libyen ait finalement décidé d’adopter cette loi controversée, les miliciens ont annoncé qu’ils réclamaient également le départ du chef du gouvernement Ali Zeidan, accusé de complaisance envers les anciens partisans de Kadhafi.

Suite à l’attentat à la voiture piégée du 23 avril dernier contre l’ambassade francaise à Tripoli, l’ambassade de Grande-Bretagne avait déjà réduit ses effectifs, selon une source diplomatique occidentale à Tripoli.

L’ambassadeur britannique en Libye Michael Aron a toutefois précisé que l’ambassade resterait ouverte y compris pour les services consulaire et de visa, tandis que le centre culturel britannique a annoncé qu’il fermait ses portes jusqu’au 16 mai «en raison de la situation d’incertitude à Tripoli».

Après l’attentat d’avril, l’ambassade de France avait réduit ses effectifs, mais continue à fonctionner dans le même bâtiment, même s’il est très endommagé et l’ambassade d’Allemagne a fermé ses portes et son personnel réduit a été placé dans un complexe sécurisé de la capitale libyenne.

Mercredi, Ali Zeidan a annoncé qu’il procéderait prochainement à un remaniement ministériel pour tenter de sortir le pays de la crise.

Dans un communiqué conjoint publié le même jour, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont appelé «tous les Libyens à cesser les protestations armées et le recours à la violence au cours de cette période difficile de transition démocratique».

Depuis la révolte de 2011, l’insécurité est persistante en Libye particulièrement dans la région de Benghazi (est) frappée par des attentats et assassinats ayant conduit les Occidentaux à évacuer la ville. Un attentat contre le consulat américain à Benghazi en 2012 a tué l’ambassadeur et trois autres Américains.

Les violences sont souvent imputées à des islamistes radicaux, pourchassés sous Kadhafi et qui règlent leurs comptes.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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