L’Irak accuse les rebelles kurdes du PKK de violer sa souveraineté

1
Comme annoncé le 25 avril dernier, les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont amorcé leur retrait de Turquie (Photo: Archives/Wikimedia Commons)
Comme annoncé le 25 avril dernier, les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont amorcé leur retrait de Turquie (Photo: Archives/Wikimedia Commons)

Une semaine après leur départ de Turquie, les premiers rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sont arrivés, ce mardi, sur le sol irakien. Si cette démarche s’inscrit dans un processus de paix avec Ankara, Bagdad a d’ores et déjà dénoncé une «violation de sa souveraineté».

«Nous sommes les premiers à atteindre une zone sure», a déclaré à un journaliste de l’AFP Jagar, le chef de ce groupe d’une quinzaine de combattants kurdes de Turquie. Avec lui, neuf hommes et six femmes sont arrivés vers 06H00 (22h00, heure de Montréal) à Harur, une localité de la province de Dohouk, dans le nord de l’Irak. Avec Kalashnikov et lance-roquettes RPG, ils ont été accueillis par d’autres membres du PKK installés dans le Kurdistan irakien.

«Nous avons été confrontés à de multiples difficultés, notamment la pluie et la neige», a confié Jagar à un journaliste de l’AFP. Sous la surveillance d’hélicoptères turcs, les rebelles kurdes ont ainsi rejoint le sol irakien sept jours après leur départ. «Notre repli a été effectué sur instructions de notre chef (Abdullah Öcalan, ndlr) et nous souhaitons qu’il ouvre une nouvelle étape de paix», a renchéri Jagar.

Car ce retour amorcé la semaine passée apparait comme une volonté commune du PKK et des autorités turques de mettre fin a un conflit vieux de près de 30 ans. Si la crainte d’attaques des forces armées turques étaient bien vivantes chez les rebelles, ce premier retrait a pu être effectué sans encombre.

Citée par l’AFP, Midiya Afreen, une combattante du groupe, a assuré voir dans ce retrait «une nouvelle étape de paix». «Nous nous préparerions à une rude bataille avec la Turquie, mais finalement nous avons répondu à l’appel de notre leader Öcalan», a-t-elle ajouté.

Bagdad envisage de saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies

Pour autant, Bagdad est monté au créneau, ce mardi, pour dénoncer cette manoeuvre dans la région autonome du Kurdistan irakien. Dans un communiqué, le gouvernement irakien a confirmé «son rejet de ce retrait et de la présence sur le territoire irakien d’hommes armés du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui constituent une violation flagrante de la souveraineté et l’indépendance de l’Irak».

D’après le texte, les autorités irakiennes ont même annoncé la possibilité de déposer plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, afin qu’il prenne la «décision nécessaire pour empêcher la violation de la souveraineté de l’Irak».

À l’initiative, le 21 mars dernier, du chef emblématique du PKK, Abdullah Öcalan, emprisonné à vie, le parti kurde a tenu à respecter un cessez-le-feu avant d’évoquer un retrait de ses troupes pour ce jour. Une information confirmée, le 25 avril dernier, par le numéro deux du mouvement, Murat Karayilan.

Dictant les directives à prendre pour son parti depuis son île-prison d’Imrali, près d’Istanbul, Abdullah Öcalan a progressivement modifié les revendications de son organisation. Si, au lancement de l’insurrection, en 1984, l’indépendance des territoires à majorité kurde constituait la volonté affichée des rebelles, ces derniers réclament aujourd’hui une plus vaste autonomie régionale dans un système fédéral turc. Entre 12 et 15 millions de kurdes vivent actuellement en Turquie, constituant ainsi près de 20% de la population totale.


Turquie : le retrait du PKK, et après? – 8 mai 2013 (Vidéo: Euronews)

À lire aussi:

Les rebelles kurdes du PKK amorcent leur retrait de Turquie >>

Le PKK annonce le retrait de ses troupes de Turquie vers l’Irak à partir du 8 mai >>

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

DiscussionUn commentaire