L’Irak est véritablement au bord de l’explosion, estime l’ONU

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Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq, Martin Koble (Photo: MANUI)
Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Iraq, Martin Koble (Photo: MANUI)

Pour cette fois, les responsables de l’ONU ne mâchent pas leurs mots et s’expriment de façon crue. Les dirigeants iraquiens doivent agir immédiatement parce que le pays est tout simplement au bord de l’explosion, a déclaré, Martin Kobler, le Représentant spécial de l’ONU sur place en Irak.

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Mise à jour 01/06/13 à 10h28

Le bilan de violences  des autorités irakiennes pour le mois de mai est de  681 morts et 1 097 blessés, mais celui de l’ONU est beaucoup plus lourd.

Selon les chiffres de l’ONU, la flambée de violences qui ensanglante l’Irak a fait plus de 1 000 morts en mai, soit le bilan le plus lourd depuis 2008, ont annoncé les Nations unies samedi 1er juin.  Au cours du mois de mai, 1 045 personnes sont mortes dans des attentats et 2 397 ont été blessées, selon  l’ONU.

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Et ce vendredi 31 mai, dans un communiqué de la Mission d’assistance des Nations-Unies en Irak, Martin Kobler, a aussi exprimé sa consternation devant le nombre effarant de victimes de vies perdues suite à la nouvelle vague d’attaques criminelles contre des civils innocents ciblant en particulier la capitale, Bagdad.

Il a également condamné l’attentat à la voiture piégée contre le convoi du gouverneur d’Anbar qui a fait quatre blessés parmi ses gardes du corps.

Le représentant spécial de l’ONU a averti que la récente vague de violence pourrait déclencher de nouveau les graves tensions sectaires que l’Irak a connues par le passé.

«La violence systémique est prête à exploser à tout moment si tous les dirigeants irakiens ne s’engagent pas immédiatement à sortir le pays de ce chaos», a déclaré Martin Kobler.

Une vague d’attaques meurtrières a frappé jeudi Bagdad, alors que le gouverneur de la province de Anbar a échappé à une tentative d’assassinat quand bombe a explosé au passage de son convoi, blessant quatre de ses gardes du corps. Lundi, une série d’attaques à la bombe avait fait plus de 50 victimes à Bagdad.

La veille, lors d’échanges avec des parlementaires européens, Martin Kobler, qui est également le chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Irak, avait fait part de ses vives inquiétudes face à la violence et aux risques que le pays ne retombe dans la violence sectaire, si les dirigeants irakiens n’agissent pas immédiatement.

«Le pays est à la croisée des chemins», leur avait dit M. Kobler.

Depuis le début des violences, M. Kobler a appelé de manière répétée les autorités irakiennes à mettre fin à l’escalade. En mai, le Secrétaire général des Nations Unies lui-même avait déjà demandé aux Irakiens de «s’unir et de lancer un dialogue inclusif afin de résoudre la « crise politique profonde» que traverse le pays.

Il est à craindre, s’accordent à dire les observateurs, que si la vague de violences ne s’arrête pas maintenant, elle plonge le pays dans le chaos.


Les civils, premières victimes des violences entre sunnites et chiites en Irak (Vidéo: euronews)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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