L’Iran accélère sur le nucléaire et installe 700 nouvelles centrifugeuses

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En 2009, le président iranien Ahmadinejad visite l'installation nucléaire de Natanz, ville située au centre de l'Iran. (Photo: Archives/Presidency of The Islamic Republic of Iran)
En 2009, le président iranien Ahmadinejad visite l’installation nucléaire de Natanz, ville située au centre de l’Iran. (Photo: Archives/Presidency of The Islamic Republic of Iran)

L’Iran a installé 700 nouvelles centrifugeuses depuis le début de l’année afin d’améliorer son programme d’enrichissement d’uranium. C’est en tout cas ce qu’affirme l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans un rapport diffusé ce mercredi.

Selon ce document, l’Iran a installé près de 700 centrifugeuses IR-2m et des enveloppes de centrifugeuses vides sur son site de Natanz contre seulement 180 en février. Le rapport précise cependant que ces centrifugeuses ne sont pas encore entrées en production.

«À la date du 15 mai, quatre cascades ont été totalement équipées et une cascade partiellement avec des centrifugeuses IR-2m et des enveloppes de centrifugeuses vides et des travaux préparatoires ont été accomplis pour 13 autres cascades», détaille ainsi le rapport consulté par l’AFP.

Pour autant, l’agence onusienne fait état d’une augmentation limitée du stock d’uranium enrichi. Celui-ci reste ainsi en deçà de la «ligne rouge» fixée par Israël. Car l’État hébreu menace Téhéran, depuis plusieurs mois, d’une attaque conséquente en cas de poursuite du programme nucléaire actuel.

Israël et les puissances occidentales soupçonnent en effet l’Iran de mener un programme d’enrichissement d’uranium dans le but d’obtenir l’arme atomique. À plusieurs reprises, le Conseil de sécurité des Nations Unies a pris des sanctions à l’encontre de Téhéran. Mais face à ces accusations répétées, l’Iran ne cesse de démentir les faits, martelant que son programme nucléaire n’est mené qu’à des fins civils.

Les élections présidentielles empêchent toute avancée des négociations

Pour autant, le manque de transparence des autorités iraniennes ne cesse de laisser planer le doute sur les desseins des responsables du pays. Lors d’une nouvelle rencontre avec l’ambassadeur iranien à l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, le 15 mai dernier, à Vienne, l’agence onusienne a assuré qu’une «approche structurée» doit être conclue pour lever les questions en suspens après son rapport de novembre 2011.

L’AIEA avait alors présenté une liste d’éléments qu’elle juge «crédibles», indiquant que l’Iran avait travaillé à la mise au point de l’arme atomique avant 2003 et peut-être ensuite. Elle exigeait notamment l’accès à des sites, des documents et des scientifiques pouvant l’aider à déterminer la nature du programme nucléaire iranien, soupçonné de cacher un volet militaire.

Mais pour l’heure, les négociations restent au point mort. D’autant plus que les élections présidentielles iraniennes agitent la République islamique. De l’aveu de nombreux observateurs, aucun consensus ne pourra être trouvé avant l’issue du scrutin qui se déroulera le 14 juin prochain.

L’Iran modernise son matériel nucléaire

Ce nouveau rapport pourrait renforcer la position des puissances occidentales, actuellement en pleine impasse diplomatique avec l’Iran. Si Téhéran avait prévenu l’AIEA, en janvier dernier, de sa volonté d’installer de nouvelles centrifugeuses du côté de Natanz, dans le centre du pays, son développement s’est accéléré. En février dernier, le rapport de l’agence onusienne faisait état de l’installation de 180 centrifugeuses IR-2m, alors qu’à la mi-avril, plusieurs diplomates ont confié à l’Associated Press qu’il y avait désormais 600 nouveaux appareils.

Le directeur de l’Organisation iranienne pour l’énergie atomique, Fereydoun Abbassi Davani, a également annoncé début mars que son pays avait achevé la construction d’une ligne d’assemblage de 3 000 centrifugeuses de nouvelle génération destinées à remplacer les centrifugeuses obsolètes.

Une modernisation qui s’inscrit dans la stratégie de Téhéran d’améliorer son programme d’enrichissement d’uranium. A plusieurs reprises, les autorités iraniennes ont déclaré que l’Iran avait besoin de 50 000 centrifugeuses pour alimenter ses futures centrales nucléaires. Le tout dans un cadre pacifique.


L’Iran décidé à poursuivre les discussions sur le nucléaire – 16 mai 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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