Livrer des missiles S-300 au régime syrien serait un facteur de stabilisation, selon Moscou

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(Photo: Archives/Zhukovski/Wikimedia Commons)
(Photo: Archives/Zhukovski/Wikimedia Commons)

Les livraisons prévues de systèmes sol-air perfectionnés S-300 russes en Syrie sont un facteur de «stabilisation» voué à dissuader tout scénario d’intervention extérieure dans le conflit, a déclaré mardi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

«Nous considérons cette livraison comme un facteur de stabilisation», a déclaré M. Riabkov devant la presse, interrogé sur la livraison prévue à la Syrie de ces systèmes capables d’intercepter avions et missiles guidés, et qui constituent un équivalent des Patriot américains.

«Des mesures de cette sorte dissuadent en grande partie certains esprits échauffés d’envisager des scénarios dans lesquels le conflit prendrait un tour international avec la participation de forces étrangères», a-t-il ajouté.

«Il est question d’une livraison d’armes défensives au gouvernement du pays, pour la défense des infrastructures et des armées contre le recours à des moyens dont, pour autant que je sache, les rebelles et les forces d’opposition ne disposent pas», a encore souligné M. Riabkov.

Le responsable russe a fait ces commentaires au lendemain de la levée par l’Union européenne de l’embargo sur les livraisons d’armes aux rebelles syriens, critiquée par Moscou alors que les efforts portent sur l’organisation d’une conférence internationale pour un règlement pacifique.

Le contrat sur les S-300 avait été signé «il y a quelques années» avec le gouvernement syrien, a souligné M. Riabkov.

La presse américaine avait publié début mai des informations de source israélienne selon lesquelles la livraison de ces systèmes de défense perfectionnés était imminente.

Ces livraisons, qui rendraient très difficile toute intervention ou zone d’exclusion aérienne en Syrie, avaient été évoquées quelques jours après qu’Israël avait bombardé des cibles proches de Damas, selon un responsable israélien, pour empêcher le transfert d’armes au Hezbollah libanais allié du régime syrien.

Moscou avait confirmé s’apprêter à livrer ces systèmes, soulignant qu’ils étaient purement défensifs.

Israël «saura quoi faire»

Israël «saura quoi faire» si la Russie livre des systèmes de défense anti-aériens de type S-300 à la Syrie, a prévenu mardi le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon.

«Les livraisons n’ont pas eu lieu, et j’espère qu’elles n’auront pas lieu. Mais, si par malheur, ils (les S-300) arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire», a affirmé M. Yaalon à l’issue d’une réunion de la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement.

Selon la radio militaire, M. Yaalon faisait allusion à de nouveaux raids aériens que pourrait lancer Israël, comme il l’a déjà fait au début du mois près de Damas. Ces attaques visaient, selon des responsables israéliens, à empêcher des transferts d’armes au Hezbollah chiite libanais.

Le 14 mai, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait tenté de convaincre le président Vladimir Poutine lors d’une rencontre en Russie de ne pas livrer ces équipements.

M. Netanyahu a également évoqué la possibilité que ces S-300 tombent dans les mains du Hezbollah chiite liibanais, ce qui pourrait remettre en cause la liberté de manoeuvre de l’aviation israélienne dans l’espace aérien libanais.

Le président Poutine avait pour sa part mis en garde M. Netanyahu contre tout acte qui déstabiliserait davantage la situation en Syrie.

La Syrie avait réagi aux raids aériens israéliens en avertissant qu’elle répliquerait «immédiatement» et de façon «douloureuse» à toute nouvelle attaque d’Israël contre son territoire.

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