Mali: AQMI appelle à la «mobilisation» contre les intérêts français dans le monde

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Enlevé par AQMI, le Français Philippe Verdon (à droite) aurait péri des suites d'une maladie contractée avant son enlèvement (Photo: Archives/AQMI)
Enlevé par AQMI en 2011, le Français Philippe Verdon (à droite) aurait péri des suites d’une maladie contractée avant son enlèvement (Photo: Archives/AQMI)

Dans un message diffusé, ce mardi, sur Internet, un chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a appelé à attaquer les intérêts français «partout dans le monde», en référence à l’intervention de la France au Mali. Une menace rapidement prise «au sérieux» par le président français François Hollande.

Durant une vingtaine de minutes, Abou Obeida Youssef Al-Annabi, chef du Conseil des notables d’AQMI, a dénoncé «la croisade menée par la France contre les musulmans» et «l’occupation par la France d’une des terres de l’islam». Il a appelé «les musulmans dans le monde entier» à «attaquer les intérêts français partout, car depuis le premier jour de l’agression, ils sont devenus des cibles légitimes». Faisant ainsi référence au lancement de l’Opération Serval, en janvier dernier, pour chasser les groupes terroristes du Nord-Mali, la filière d’Al-Qaïda dans la région du Sahel a rappelé sa volonté de représailles à l’égard de la France.

En mars dernier, l’organisation islamiste armée avait inauguré son tout nouveau compte Twitter en adressant un message à Paris et à ses otages retenus dans la région. Dans un communiqué transmis par le site de microblogage, AQMI assurait qu’elle ne «pourra garantir la vie [des otages, ndlr]indéfiniment, du fait de l’agression de votre gouvernement [la France, ndlr]et des attaques de votre armée contre les bases des moudjahidines».

François Hollande appelle à «maintenir une vigilance autour du Mali»

Ce mardi, le président de la République française François Hollande a rapidement réagi à cette nouvelle menace. À l’occasion d’une conférence de presse au palais présidentiel avec son homologue polonaise, le chef d’État a assuré que la France prenait «au sérieux» cette nouvelle invective de la part de l’organisation islamiste.

«Nous avons infligé des pertes considérables à AQMI par l’intervention au Mali», a-t-il souligné. «Mais les réseaux d’AQMI existent en dehors du Mali. Nous considérons donc qu’il nous faut poursuivre et l’intervention au Mali pendant le temps nécessaire, même s’il y a une réduction de notre présence, et maintenir une vigilance autour du Mali pour continuer à lutter contre le terrorisme», a ajouté François Hollande.

Ce dernier a également appelé à une vigilance accrue des «installations» françaises. «C’est ce que j’ai donné comme instruction pour que nous ne puissions pas être victimes de je ne sais quelle opération d’AQMI», a-t-il conclu.

Depuis près d’un mois, la France a attaqué le retrait progressif de ses 4 500 soldats déployés sur le sol malien. S’il ne devrait en rester que 2 000 à la fin de l’été, l’armée française constituera, par la suite, une «force d’appui permanente» de 1 000 unités. Son objectif : lutter contre la reconstitution des groupes terroristes démantelés et affaiblis tout au long de l’intervention au Mali.

Cette force doit ainsi épauler, à terme, la mission des Nations unies, envisagée pour cet été, au sein de laquelle plus de 11 000 hommes seront déployés. La mission onusienne prendra le relai des forces africaines, actuellement présentes sur le sol malien sous l’égide de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA).


Un 6e soldat français tué au Mali – 29 avril 2013 (Vidéo: BFM TV)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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