Musharraf libéré sous caution dans l’affaire du meurtre de Benazir Bhutto

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L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf escorté par des soldats lors de son arrivée au tribunal antiterrorisme à Islamabad, le 20 avril 2013 (Photo : Archives/Aamir Qureshi / AFP)
L’ex-président pakistanais Pervez Musharraf escorté par des soldats lors de son arrivée au tribunal antiterrorisme à Islamabad, le 20 avril 2013 (Photo: Archives/Aamir Qureshi/AFP)

Le général Pervez Musharraf, l’ex homme fort du Pakistan, qui a dirigé le pays de 1999 à 2008, a été libéré sous caution par un tribunal pakistanais ce lundi 20 dans l’affaire du meurtre de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, mais restera toutefois en résidence surveillée en raison des poursuites dans d’autres affaires.

La liberté sous caution du général Musharraf a été confirmée par un tribunal anti terroriste de Rawalpindi, ville jumelle de la capitale Islamabad, le juge Habibur Rehman a ordonnant au général Musharraf de payer une caution d’un million de roupies (10 000 $ environ).

Depuis que Pervez Musharraf est rentré au Pakistan fin mars après quatre ans d’exil, avec l’espoir de participer aux élections législatives qui viennent de se terminer par la victoire de l’ex premier ministre modéré Nawaz Sharif, il a été vite rattrapé par plusieurs affaires.

Lui qui voulait sauver le Pakistan de l’insécurité nourrie par les rebelles et de la crise économique, s’est retrouvé en plein imbroglio judiciaire, assigné à résidence et, le 30 avril dernier, interdit à vie, ce mardi, de se présenter à toute élection

Il a été accusé de complot pour le meurtre de Benazir Bhutto, tuée en décembre 2007, pour ne pas avoir, alors qu’il était président, assuré de manière adéquate la sécurité de cette femme qui s’opposait à lui.

Benazir Bhutto, dirigeante de 1984 à 2007 du Parti du peuple pakistanais, fondé par son père, a été deux fois Première ministre du Pakistan. Elle a été la première femme élue démocratiquement à la tête d’un pays à majorité musulmane et l’une des principales opposantes au pouvoir de Pervez Musharraf.

Elle a été assassinée le 27 décembre 2007 lorsqu’elle dirigeait le cortège de sa formation, le Parti du peuple pakistanais (PPP), à Rawalpindi, à proximité d’Islamabad lors d’une attaque à l’arme légère doublée d’un attentat suicide.

Mais la liberté sous caution accordée lundi dans cette affaire ne signifie pas qu’il est libre, car il est encore accusé de renvoi illégal de juges qui contestaient son pouvoir en 2007 ainsi que d’implication dans la mort en 2006 d’un leader indépendantiste au Baloutchistan, dans le sud-ouest du pays.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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