Nigéria: les islamistes de Boko Haram revendiquent deux attaques et brandissent des otages

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Les affrontements entre l'armée nigériane et les islamistes du groupe Boko Haram sont récurrents dans l'Etat de Borno, au Nord-Est du Nigéria (Photo: Archives/Gabonews)
Selon les services de sécurité nigérians, les rebelles islamistes du groupe Boko Haram détiendraient 10 des 27 municipalités de l’Etat de Borno, au Nord-Est du Nigéria (Photo: Archives/Gabonews)

Dans une vidéo d’une douzaine de minutes, le chef présumé du groupe islamiste Boko Haram a revendiqué, ce lundi, deux récentes attaques dans le nord-est du Nigeria qui ont coûté la vie à plus de 200 personnes.

«Nous sommes responsables de l’attaque de Bama», a ainsi affirmé Abubakar Shekau. Au cours de cette vidéo reçue, ce lundi, par l’AFP, le leader présumé de la secte nigériane Boko Haram a revendiqué la responsabilité de la violente opération menée, le 7 mai dernier, dans cette localité du nord-est du pays. Au cœur de l’État instable de Borno, près de 200 insurgés avaient alors attaqué simultanément une caserne, un commissariat de police et une prison, faisant 55 victimes et libérant 100 détenus.

Dans cette même vidéo, Abubakar Shekau, considéré comme «terroriste» par les États-Unis, a également assuré que l’organisation islamiste a réalisé l’attaque sanglante du côté de Baga, le 16 avril dernier. Pour autant, le chef présumé de Boko Haram a tenu à rappeler la violente répression menée par l’armée nigériane, coupable, selon lui, d’avoir exécuté sommairement des civils. «C’est vous, forces de sécurité, qui avaient pénétré le lendemain [du 16 avril, ndlr]dans la ville, mettant le feu aux habitations et tuant les gens indistinctement», a-t-il assuré.

Au moins 187 personnes avaient trouvé la mort au cours de ces violences, selon un porte-parole de la Croix-Rouge, Nwakpa O. Nwakpa, cité par l’AFP. Un responsable des services de secours avait même assuré, sous couvert de l’anonymat, que près de la moitié de la ville avait été détruite à cause des violences et des incendies qui ont suivi.

Rejetant en bloc toute accusation d’exactions, les forces armées nigérianes avaient alors fait état de 37 victimes, parmi lesquelles quelques 30 islamistes présumés. Pour autant, à plusieurs reprises depuis le début de l’insurrection islamiste en 2009, des organisations internationales de défense des droits humains ont dénoncé des exécutions sommaires et des violences envers les civils pratiquées par l’armée ou la police nigériane.

Dans la deuxième partie de la vidéo, on peut apercevoir Abubakar Shekau d’un côté, et, de l’autre, plusieurs femmes et enfants présentés comme des otages. «Tant que nous n’aurons pas vu nos femmes et enfants, nous ne relâcherons jamais ces femmes et enfants», a menacé le leader de Boko Haram. Le groupe islamiste a en effet accusé à plusieurs reprises l’armée d’arrêter des membres de leurs familles.

Boko Haram serait proche de prendre le contrôle de l’État de Borno

À présent, les autorités semblent bien impuissantes pour lutter efficacement contre les actions répétées des insurgés dans le centre et le nord du pays. Lors d’une réunion confidentielle tenue le 7 mai dernier, le gouverneur de Borno a expliqué à des conseillers militaires et des sénateurs venus en délégation que Boko Haram était sur le point de diriger l’État qui lui avait été confié.

«Ce que nous a raconté le gouverneur était effrayant. Il nous a informés de la possibilité que l’État passe sous le contrôle de Boko Haram, qu’ils [les islamistes, ndlr]avaient la possibilité de faire ce qu’ils voulaient», a déclaré le sénateur Abdoul Ahmed Ningi, dans des propos rapportés par l’agence Reuters.

D’après les services de sécurité nigérians, 10 des 27 municipalités de l’État de Borno seraient actuellement aux mains des rebelles de Boko Haram. Selon Reuters, certains parlent même d’une vingtaine de communes passées sous le contrôle des islamistes. Chef du «conseil de la Choura», l’instance de direction de l’organisation, Abubakar Shekau serait désormais sur le point de parvenir à imposer la charia, loi islamique, au sein de ses municipalités.

Le gouvernement du président Goodluck Jonathan tente bien de lutter contre ce fléau mais sa marge de manœuvre reste mince. S’il a formé un comité, le 17 avril dernier, afin de réfléchir à une éventuelle amnistie, le chef d’État nigérian doit faire face, depuis le début de l’insurrection en 2009, aux revendications du groupe islamiste. «De manière surprenante, le gouvernement nigérian parle de nous accorder une amnistie. Qu’avons-nous fait de mal ? Au contraire, c’est nous qui devrions vous pardonner», a affirmé Abubakar Shekau, le 11 avril dernier.


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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

DiscussionUn commentaire

  1. cette terre qui frémi , au coup des canons de vous fusils annonce telle pas la fin du monde , avec tous ses gens innocents
    que vous tués a chaque jours de votre existence , n y a t il pas un peu de compassion en vous , au non de votre religion a vous regarder comment pouvez vous dormir en paix avec vous même
    avec tous les crimes contre l humanité que vous porté en vous dont vous êtes souiller du sang de vos victimes .