Nigéria: l’ONU s’en mêle et menace Boko Haram de poursuites pour crimes contre l’humanité

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Des destructions provoquées par le groupe Boko Haram au commissariat de police à Kano, au Nigeria. (Photo: Archives/Aminu Abubakar/IRIN)
Des destructions provoquées par le groupe Boko Haram au commissariat de police à Kano, au Nigeria. (Photo: Archives/Aminu Abubakar/IRIN)

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a annoncé vendredi que les membres de Boko Haram et des autres groupes extrémistes qui sévissent au Nigéria pourraient être poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dont celui de nettoyage ethnique.

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Mise à jour du 20/05/13 à 15h35

L’armée nigériane a annoncé lundi 20 mai avoir repris cinq localités aux islamistes dans l’État de Borno (nord-est) et elle a décidé d’envoyer mille hommes en renfort, au sixième jour de l’offensive contre les insurgés de Boko Haram dans cette région, rapporte l’AFP.

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Mise à jour du 19/05/13 à 10h41

L’armée nigériane ratissait dimanche des quartiers de Maiduguri, berceau historique du groupe Boko Haram dans l’Etat de Borno (nord-est), et imposait un blocus pour empêcher le ravitaillement de zones tenues par des islamistes

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Prônant un islam radical et rigoriste, Boko Haram a pour objectif d’éradiquer l’influence occidentale et de faire appliquer strictement la charia dans tout le pays, par tous les moyens.

Combattu par les forces armées nigérianes, Boko Haram, qui a refusé tout récemment l’amnistie offerte par le Nigéria, s’est illustré depuis 2002 par une série de violences à l’encontre du gouvernement, des chrétiens et de la population musulmane des régions où ils sont implantés.

La liste des violences de ce groupe est longue: pas plus tard que la semaine dernière, près de 200 insurgés de Boko Haram ont lancé des attaques coordonnées dans la ville de Bama, au nord-est du Nigeria, faisant 55 morts.

Peu de temps auparavant, de violents affrontements entre des islamistes et l’armée nigériane avaient coûté la vie à plus de 180 personnes, dans une localité de l’État de Borno, fief du groupe islamiste Boko Haram.

L’armée nigériane n’est pas en reste. Face à la domination grandissante du groupe islamiste Boko Haram dans l’est du Nigéria, les autorités ont décidé de réagir cette semaine par la manière forte.

L’armée nigériane a déployé quelque 2 000 soldats dans l’État de Borno, dans le nord-est du pays, lançant mercredi une offensive contre les rebelles islamistes de Boko Haram.

Deux jours après avoir lancé l’assaut contre les rebelles dans l’est du pays, l’armée nigériane a annoncé avoir procédé à des frappes aériennes.

Et, finalement, samedi 18 mai, l’armée a imposé un couvre-feu total dans une partie de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno (nord-est) et fief des islamistes de Boko Haram, pour y mener des «opérations spéciales».

Au cours des dernières semaines, c’est plus de 220 personnes qui ont été tuées dans des affrontements violents entre les forces armées nigérianes et le groupe armé islamiste Boko Haram.

«Ces groupes [les groupes extrémistes]pourraient en effet être jugés pour leurs attaques systématiques contre les civils en raison de l’appartenance ethnique ou religieuse de ces derniers», a rappelé le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme lors d’une conférence de presse à Genève.

Le HCDH exhorte aussi le gouvernement du Nigéria à respecter les principes des droits de l’homme, notamment lors des patrouilles et des opérations d’urgence.


Le président nigérian Goodluck Jonathan annonce l’offensive contre Boko Haram (Vidéo: Al-Jazeera)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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