Nucléaire iranien: les élections présidentielles bouchent les négociations

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L'ambassadeur iranien, Ali Asghar Soltanieh (à droite), a rencontré, ce mercredi, les inspecteurs de l'AIEA, à Vienne, en Autriche (Photo: Archives/AIEA)
L’ambassadeur iranien, Ali Asghar Soltanieh (à droite), a rencontré, ce mercredi, les inspecteurs de l’AIEA, à Vienne, en Autriche (Photo: Archives/AIEA)

Deux nouvelles réunions diplomatiques se sont tenues, ce mercredi, du côté de Vienne et d’Istanbul pour évoquer le dossier épineux du nucléaire iranien. Mais si les négociateurs internationaux tentent de faire progresser les négociations, le scrutin présidentiel du 14 juin prochain semble assombrir toute perspective d’avancée concrète.

«Comme vous le savez, nous avons encore des différents mais nous sommes engagés dans le dialogue et sommes déterminés à résoudre ces questions», a déclaré Herman Nackaerts avant d’entrer dans l’ambassade de Vienne, en Autriche. S’exprimant devant des journalistes, le chef des inspecteurs de Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a tenu à rappeler sa volonté de voir les négociations avancer à propos du nucléaire iranien. Mais les espoirs restent minces.

Et pour cause, Téhéran pense avant tout à changer de président. Mahmoud Ahmadinejad ne pouvant briguer un troisième mandat consécutif, sa succession est ouverte. Et le gouvernement actuel semble se refuser à tout compromis hâtif avant que son successeur ne vienne dessiner concrètement la volonté nationale sur le dossier du nucléaire.

Ce mercredi, l’ambassadeur iranien à l’AIEA Ali Asghar Soltanieh n’a ainsi pas souhaité faire de commentaires avant de participer aux pourparlers de Vienne. Le porte-parole de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi avait pourtant assuré, ce mardi, attendre des «progrès» tant à Istanbul qu’à Vienne. Mais si le dialogue existe, une avancée serait surprenante.

Du côté d’Istanbul, la représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton a rencontré le négociateur du nucléaire iranien Saïd Jalili. Il s’agissait de leur première entrevue depuis l’échec, en avril dernier, de nouvelles négociations avec le groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU – États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine – plus l’Allemagne), lors de la réunion d’Almaty, au Kazakhstan.

Une présidentielle pour définir «l’Iran de demain»

Mais ces nouvelles réunions démontrent avant tout l’engagement diplomatique de la communauté internationale à l’égard de Téhéran. À Vienne, il s’agit notamment de la dixième rencontre entre les représentants de l’AIEA et leurs homologues iraniens depuis fin 2011. L’agence onusienne a ainsi assuré qu’une «approche structurée» doit être conclue pour lever les questions en suspens après son rapport de novembre 2011.

L’AIEA avait alors présenté une liste d’éléments qu’elle juge «crédibles», indiquant que l’Iran avait travaillé à la mise au point de l’arme atomique avant 2003 et peut-être ensuite. Elle exigeait notamment l’accès à des sites, des documents et des scientifiques pouvant l’aider à déterminer la nature du programme nucléaire iranien, soupçonné de cacher un volet militaire.

Dans un entretien accordé au journal 20minutes, Karim Pakzad, chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), a assuré que Téhéran restait ferme sur son programme nucléaire actuel. «L’Iran a changé d’attitude depuis un an environ, a fait quelques concessions, mais refuse toujours d’abandonner l’enrichissement de l’uranium, même à faible dose», a-t-il assuré. «C’est un problème qui reste en suspens, même si les négociations se passent mieux, car les sanctions mises en place par les Occidentaux ont vraiment pénalisé l’économie iranienne».

D’où l’importance de la présidentielle à venir. Celle-ci va définir «l’Iran de demain», selon Karim Pakzad. «Vu la situation économique et sociale, les menaces à ses frontières, l’Iran se sent encerclé, isolé, y compris sur le plan militaire», a-t-il ajouté.


L’ancien chef d’Etat Rafsandjani candidat à la présidentielle iranienne – 11 mai 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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