Obama se prépare à «une Syrie démocratique sans Bachar al-Assad»

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Le président américain Barack Obama a affirmé, ce lundi, sa volonté de "renforcer l'aile modérée de l'opposition" (Photo: Capture/Youtube)
Le président américain Barack Obama a affirmé, ce lundi, sa volonté de « renforcer l’aile modérée de l’opposition » (Photo: Capture/Youtube)

À l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre britannique David Cameron, le président américain Barack Obama a assuré, ce lundi, vouloir «accroître la pression» sur le régime syrien de Bachar al-Assad.

«Ensemble, nous allons poursuivre nos efforts pour accroître la pression sur le régime, pour fournir de l’aide humanitaire aux Syriens souffrant [du conflit, ndlr], pour renforcer l’aile modérée de l’opposition et nous préparer à une Syrie démocratique sans Bachar al-Assad», a affirmé Barack Obama.

Au cours d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre britannique David Cameron, le président américain a tenu à se montrer ferme vis-à-vis du président syrien. Il n’est pas question, en effet, qu’une transition s’opère en Syrie avec la présence de l’actuel chef d’État. Mais pour cela, Barack Obama a appelé à une coopération internationale sans faille. Avec la Grande-Bretagne notamment. Mais aussi avec la Russie.

Le président britannique David Cameron et son homologue américain Barack Obama ont réaffirmé, ce lundi, leur volonté d'accroître la pression sur le régime de Bachar al-Assad (Photo: Capture/Youtube)
Le Premier ministre britannique David Cameron et son homologue américain Barack Obama ont réaffirmé, ce lundi, leur volonté d’accroître la pression sur le régime de Bachar al-Assad (Photo: Capture/Youtube)

«En tant que leader sur la scène internationale, la Russie a un intérêt, et également l’obligation d’essayer de résoudre ce problème d’une façon qui peut aboutir sur le genre de résultat que nous souhaitons tous à long terme», a déclaré Barack Obama. Principal allié de Bachar al-Assad, Moscou peut en effet jouer un rôle prépondérant dans l’avancée des négociations avec Damas.

Et pour cause, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a annoncé, ce vendredi, que la Russie était en train de finaliser ses livraisons d’armes à la Syrie. Quelques jours plus tôt, la venue du secrétaire d’État John Kerry à Moscou a permis d’entériner un accord russo-américain sur l’organisation «au plus vite» d’une conférence internationale sur la Syrie. Celle-ci pourrait se tenir à la fin du mois du côté de Genève.

La Coalition nationale syrienne, principale organisation d’opposition, discutera de cette proposition à partir du 23 mai prochain, à Istanbul. En attendant, Washington et Moscou ont rappelé leur volonté commune de trouver une solution politique au conflit syrien. Et ce malgré leurs positions divergentes, notamment sur le sort de Bachar al-Assad en cas de transition démocratique.

Au moins 80 000 personnes ont perdu la vie depuis mars 2011

Car le temps presse pour la diplomatie internationale. Ce dimanche, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme a assuré qu’au moins 80 000 personnes avaient perdu la vie depuis le début du conflit, en mars 2011.

«Il faut que le monde se mette vite d’accord pour mettre fin au massacre. Aucun d’entre nous n’a d’intérêt à voir davantage de vies perdues, des armes chimiques être utilisées ou la violence due aux extrémistes s’étendre encore plus», a martelé David Cameron, ce lundi. «Il faut que les Syriens s’assoient à la même table pour se mettre d’accord sur un gouvernement de transition qui obtiendra le feu vert de tous les Syriens», a-t-il ajouté.

Saluant les efforts du président Poutine, le Premier ministre David Cameron a tenu à noter l’évolution des négociations afin de sortir de l’impasse diplomatique dans laquelle les différents acteurs internationaux sont empêtrés depuis plusieurs mois. «Les difficultés restent énormes mais nous disposons d’une fenêtre avant que les pires craintes ne deviennent réalité», a confié David Cameron en conférence de presse.

En référence, notamment, aux accusations d’utilisation d’armes chimiques pesant sur le régime syrien et la rébellion, le Premier ministre britannique a ainsi rappelé la nécessaire prise de conscience internationale sur les évènements actuels. Et sur les agissements de Bachar al-Assad en particulier. «L’histoire de la Syrie est en train d’être écrite avec le sang de son peuple, et cela se déroule sous nos yeux», a conclu David Cameron.


Conférence de presse commune de Barack Obama et David Cameron à la Maison-Blanche – 13 mai 2013 (Vidéo: PBS NewsHour)

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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