Pakistan: au moins 14 personnes tuées lors d’un nouvel attentat contre un candidat aux élections

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Obsèques le 28 avril 2013 à Karachi d’une victime de l’explosion d’une bombe (Photo: Archives/ Asif Hassan/AFP)
Obsèques le 28 avril 2013 à Karachi d’une victime de l’explosion d’une bombe (Photo: Archives/ Asif Hassan/AFP)

Les islamistes pakistanais sont bien déterminés à faire dérailler le processus électoral: à quelques jours du scrutin législatif historique du 11 mai, les attentats se poursuivent et, après les assassinats vendredi dernier d’un procureur et d’un candidat aux élections, un autre attentat ce lundi 6 mai s’est ajouté à la série de violences

Au moins 14 personnes ont été tuées et plus de 50 blessées ce lundi 6 mai dans un attentat à la bombe contre un parti islamiste allié à la coalition majoritairement laïque au pouvoir au Pakistan, lors un grand rassemblement dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, rapporte l’AFP, citant ont annoncé les autorités locales.

L’explosion a eu lieu lors d’un rassemblement d’un candidat d’un parti islamiste pakistanais aux élections législatives du 11 mai, dans la zone tribale de Kurram, près de la frontière afghane.

«Nous avons au moins 14 décès confirmés et 56 blessés, dont plusieurs restent dans un état critique. Le bilan pourrait donc encore s’alourdir», a dit à l’agence française Riaz Khan, plus haut fonctionnaire de la zone tribale de Kurram, où a eu lieu l’explosion.

La bombe avait été cachée sur le lieu du rassemblement de Munir Khan Orakzaï, un candidat local d’un parti islamiste membre de la coalition sortante avant que ne débute le meeting.

Le candidat est sain et sauf, mais un candidat d’une circonscription voisine qui assistait au rassemblement a été blessé.

Depuis le 11 avril, au moins 80 personnes ont été tuées dans des attentats liés à la campagne électorale, selon un bilan établi par l’agence française.

Les talibans pakistanais, opposés à la tenue de ces élections et aux partis laïcs, ont revendiqué une grande partie de ces attaques, qui ont eu pour la plupart pour théâtre Karachi (sud) et Peshawar (nord).

Toutefois, sans doute pour ne pas s’aliéner la population des zones tribales qui les soutient, les islamistes ont épargné leurs bastions dans ces zones.

Les élections législatives nationales et provinciales devaient être historiques: pour la première fois, un gouvernement civil est parvenu à achever un mandat complet de cinq ans, sans être renversé par coup d’État, et le scrutin du 11 mai devait consolider la démocratie dans ce pays de 180 millions d’habitants, puissance nucléaire de surcroît.

Ces attaques ont eu pour effet d’inhiber la campagne de plusieurs partis, en premier lieu les partis laïcs et pourrait aussi réduire considérablement le taux de participation, donc, par le fait même, la valeur de ce scrutin.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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