Pakistan: les talibans annoncent des attentats-suicides à deux jours des élections

0
Sur les lieux d'un attentat suicide visant un responsable de la police à Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, le 29 mars 2013 (Photo: Archives/A. Majeed/AFP)
Sur les lieux d’un attentat suicide visant un responsable de la police à Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, le 29 mars 2013 (Photo: Archives/A. Majeed/AFP

À l’occasion, ce jeudi, du dernier jour de campagne pour les élections législatives, le chef des talibans auraient lui-même ordonné des attentats suicides lors du scrutin du 11 mai prochain. Des hommes armés ont, pour leur part, enlevé le fils d’un ancien Premier ministre du côté de Multan, dans le centre du pays.

Plus de 600 000 membres des forces de sécurité, dont au moins 50 000 soldats, devraient être déployés autour des bureaux de vote, ce samedi. Mais les élections législatives à venir ont d’ores et déjà bousculé la société pakistanaise. Et cela ne semble pas terminer.

«Les talibans ont envoyé des kamikazes pour perpétrer des attaques au Pakistan» le jour du scrutin, a déclaré à l’AFP un commandant des talibans ayant requis l’anonymat. Ce dernier a également ajouté que le chef des talibans pakistanais Hakimullah Mehsud a lui-même ordonné des attentats suicide le jour du vote. Une nouvelle invective de la part des insurgés pakistanais pour enrayer le bon déroulement de ce scrutin démocratique, qu’ils jugent «non islamique».

Car la campagne aura été ponctuée de nombreuses attaques visant différents candidats aux élections, notamment ceux issus des partis laïcs. Ces derniers sont même montés au créneau pour dénoncer un scrutin joué d’avance. Mais aucun parti ne semble définitivement épargné par les talibans. Y compris les partis musulmans, accusés par les insurgés d’accepter le jeu démocratique de cette élection.

Le fils d’un ancien Premier ministre enlevé par des hommes armés

Au moins 117 personnes ont perdu la vie au cours de cette campagne. Ce mardi, le pays a été secoué par trois attentats, faisant au moins 18 morts et des dizaines de blessés. Une perspective devenue quasi-quotidienne depuis plusieurs semaines.

Ce jeudi, à Multan, dans le centre du pays, des hommes armés ont enlevé Ali Haider Gilani, candidat aux élections provinciales et fils de Yousuf Raza Gilani, ancien Premier ministre de 2008 à 2012. Selon les autorités locales, la fusillade déclenchée a coûté la vie à l’un de ses gardes du corps ainsi qu’à son secrétaire alors que quatre personnes ont également été blessées.

«Nous voulons que notre frère nous soit rendu ce soir. Si ce n’est pas fait, nous ne permettrons pas l’organisation du scrutin dans notre région», a mis en garde Ali Musa Gilani, le frère aîné d’Ali Haider. «Les partisans du PPP (Parti du peuple pakistanais, pour lequel se présente Ali Haider Gilani, ndlr] doivent rester calmes et pacifiques», a pour sa part lancé leur père, Yousuf Raza Gilani.

La chute de Imran Khan provoque un émoi de la population

Mais la terreur semée par les talibans ne semble pas avoir endigué la tenue des élections. Pour preuve, chaque candidat tente d’avancer ses pions avant le scrutin à venir. La campagne a cependant été interrompue, ce mercredi, à la suite de l’accident d’Imran Khan, chef du Mouvement pour la justice (PTI). Actuellement alité, l’ancienne légende nationale du cricket n’est pas encore sûre de pouvoir se rendre ce samedi.

Mais son accident a déclenché une vague d’émoi dans le pays. À tel point que son duel, jusque-là déséquilibré, avec l’ancien Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif pourrait être relancé. Le candidat de la Ligue musulmane reste néanmoins favori pour prendre la tête du gouvernement à l’issue de ces élections législatives.


Pakistan : le scrutin législatif miné par les talibans – 9 mai 2013 (Vidéo: Euronews)

À lire aussi:

Pakistan: une nouvelle série d’attentats pré-électoraux tue au moins 15 personnes >>

Pakistan: au moins 14 personnes tuées lors d’un nouvel attentat contre un candidat aux élections >>

Candidat et procureur assassinés, le Pakistan sous tension avant les élections >>

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

Les commentaires sont fermés.