Pyongyang nomme un nouveau chef à la tête des Forces armées populaires

0
Le dirigeant Kim Jong-Un lors d'une visite d'une installation militaire, le 20 mars 2013 (Photo: Archives/KCNA)
Le dirigeant Kim Jong-Un lors d’une visite d’une installation militaire, le 20 mars 2013 (Photo: Archives/KCNA)

Selon l’agence de presse nord-coréenne KCNA, le régime de Kim Jong-Un a changé, ce lundi, de ministre des Forces armées populaires. Exit le «faucon» Kim Kyok-sik, nommé en novembre dernier, et place au général Jang Jong-nam. Une manœuvre face à laquelle le voisin sud-coréen reste, pour l’heure, mesuré.

Peu d’informations ont, pour l’heure, été diffusées sur ce général désormais en charge du ministère des Forces armées populaires, équivalent du ministère de la Défense nationale. Agé d’une cinquantaine d’années, il appartiendrait à une jeune génération du régime. Il serait ainsi considéré comme un symbole de la modernité souhaitée par le président Kim Jong-Un.

L’agence de presse KCNA a ainsi assuré que le leader nord-coréen Kim Jong-un et son épouse Ri Sol-ju ont participé, ce dimanche, à un concert de l’orchestre de l’Armée populaire au cours duquel le nom de Jang Jong-nam a été annoncé comme ministre des Forces armées populaires.

Il remplace donc Kim Kyok-sik, nommé en novembre 2012 par le régime de Pyongyang. Selon les experts sud-coréens, ce dernier est le haut gradé militaire qui est à l’origine du torpillage du Cheonan en avril 2010 et du bombardement sur l’île de Yeonpyeong en novembre 2010. Quatre Sud-Coréens avaient été tués sur cette île proche de la frontière avec le Nord et l’agression avait provoqué une nouvelle crise sur la péninsule.

«Nous ne savons pas si [Jang] est moins ‘dur’ mais il semble qu’il appartient à une génération plus jeune», a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense sud-coréenne Kim Min-seok. «Le fait d’avoir un nouveau point ne signifie pas que la ligne entière change. Nous avons besoin de plus de temps pour juger de la direction générale», a-t-il ajouté.

Pour autant, plusieurs experts s’accordent à dire que cette nouvelle nomination de la part de Pyongyang intervient dans un récent processus d’apaisement relatif au sein de la péninsule coréenne. Le 7 mai dernier, le régime de Kim Jong-Un avait ainsi annoncé avoir baissé son niveau d’alerte et retiré deux de ses missiles de leur site de lancement sur la côte est du pays.

Pyongyang condamne le déploiement du porte-avions à propulsion nucléaire américain USS Nimitz

« Qui provoque? » s’est interrogée l’agence de presse nord-coréenne KCNA après le déploiement du porte-avions à propulsion nucléaire américain USS Nimitz en mer de l’Est (Photo: WikiCreativeCommons)

La méfiance reste néanmoins de mise car les tensions sont toujours vivantes entre Pyongyang, Séoul et Washington. Pour preuve, le régime nord-coréen a condamné, ce lundi, les manœuvres conjointes menées par les États-Unis et la Corée du Sud au large de la péninsule. La marine américaine a en effet déployé le porte-avions à propulsion nucléaire USS Nimitz (97.000 tonnes) au cœur des eaux de la mer de l’Est.

Visant à «renforcer la sécurité et la stabilité régionale», ce déploiement s’inscrit dans le cadre d’un exercice annuel conjoint avec Séoul. Une information confirmée par le ministère de la Défense sud-coréen, expliquant, la semaine dernière, qu’«un porte-avion américain à propulsion nucléaire vient chaque année en Corée du Sud à cette période où nous effectuons des exercices conjoints».

Une opération loin d’être du goût du régime nord-coréen. Ce lundi, Pyongyang a en effet accusé Séoul et Washington de mettre le feu aux poudres dans la péninsule coréenne. «Nous continuerons de prendre des mesures d’autodéfense puissantes aussi longtemps qu’ils s’attachent à leur politique d’hostilité vis-à-vis du Nord et à la provocation militaire pour réaliser cette politique», a assuré l’agence officielle KCNA.

De son côté, le journal Rodong Sinmun, l’organe de presse officiel du Parti du travail de la Corée du Nord, a déclaré dans un éditorial que le régime de Kim Jong-Un était en train «de surveiller étroitement l’aventure militaire insensée des maniaques de la guerre intérieurs et extérieurs».

Quelques jours après la visite de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye aux États-Unis, les manœuvres diplomatiques et militaires se poursuivent dans la péninsule coréenne. Une tension tenace amenant les acteurs du conflit à affirmer leurs positions respectives entre prudence et fermeté.

À lire aussi:

Le porte-avions américain USS Nimitz arrivera samedi 11 mai en Corée du Sud >>

Baisse du niveau d’alerte, Pyongyang commence à retirer des missiles >>

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

Les commentaires sont fermés.