RDC: 40 morts dans des affrontements entre l’armée et des miliciens Maï-Maï

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Armes à main, les militaires de Fardc concentrés lors du défilé du 30 juin 2010. (photo: Ph. John Bompengo, Radio-Okapi)
Huit membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont péri, ce mercredi, dans des affrontements avec les rebelles (Photo: Archives/Ph. John Bompengo, Radio-Okapi)

Le porte-parole du gouvernement congolais et ministre de la Communication, M. Mende, a annoncé, ce jeudi, que les affrontements ayant émaillé la journée de mercredi dans l’est du pays avaient coûté la vie à 32 insurgés et huit membres des Forces armées congolaises (FARDC).

Selon le colonel Richard Bisamaza, responsable militaire du secteur, des miliciens Maï-Maï ont attaqué à l’aube l’état-major local de l’armée à Beni. Les affrontements se sont produits dans cette ville située à environ 250 kilomètres au nord de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, dans l’est du pays. Souhaitant libérer des camarades emprisonnés à la suite d’une incursion dans un quartier de la ville, les rebelles ont été contraints de fuir les combats après une heure d’échanges de tirs.

«Le bilan est de 32 morts du côté des Maï-Maï et de 8 morts dans les rangs des FARDC», a déclaré M. Mende au cours d’une conférence de presse, ce jeudi. Il a également précisé que plusieurs miliciens ont été lynchés par la foule alors que sept autres ont été faits prisonniers. «Le gouvernement félicite les bons citoyens […] qui ont prêté mains fortes aux forces de défense et de sécurité tout en déplorant les excès perpétrés par quelques-uns», a-t-il ajouté.

Une situation «tendue et imprévisible» dans une région meurtrie par les affrontements

Confirmant ces affrontements, un porte-parole militaire de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) a évoqué, ce mercredi, une situation «tendue et imprévisible» dans l’ensemble de la province du Nord-Kivu. S’exprimant lors de la conférence de presse hebdomadaire des Nations unies, il a ainsi rappelé l’instabilité actuelle régnant dans l’est du pays.

Depuis un an, la région est en effet en proie à l’insurrection menée par le mouvement M23. Si celui-ci apparait de plus en plus divisé, il continue de mener la vie dure aux Forces armées congolaises (FARDC). Dans ce contexte, de nombreux groupes miliciens locaux, appelés Maï-Maï, se sont formés pour faire valoir leurs intérêts dans le Nord et le Sud-Kivu.

Les négociations entreprises, en janvier, entre les autorités et le M23, à Kampala, n’ont ainsi guère fait progresser la situation, chaque parti restant camper sur ses positions. D’un côté, une insurrection qui entend poursuivre ses activités pour lutter contre les autres groupes armés de la région. De l’autre, un gouvernement qui souhaite voir la dissolution immédiate de l’organisation rebelle.

Une brigade d’intervention de 3 000 hommes se déploie dans l’Est

En attendant, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, le 28 mars dernier, une résolution qui renforce la Mission de l’ONU en RDC. Chargée de «neutraliser les groupes armés» opérant dans l’est du pays, cette brigade d’intervention de 3 000 hommes est actuellement en plein déploiement.

Le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubai, a confié, ce dimanche qu’une centaine de soldats tanzaniens sur les 1 280 composant cette brigade sont arrivés à Goma, capitale du Nord-Kivu. Des soldats sud-africains sont également présents alors que le contingent du Malawi est en passe d’être déployé.

«La progression est constante, les hommes arrivent tous les jours à Goma. Ils prennent leurs positions. Il faut qu’on les installe dans des endroits où ils peuvent vivre, ce que nous sommes en train de construire actuellement. Ensuite, nous mettrons en œuvre cette brigade d’intervention conformément au mandat 2098», a ainsi expliqué un porte-parole militaire, le commandant Vincent Tourny, dans des propos rapportés par RFI.

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon se rendra sur place, le 22 mai prochain, afin de superviser l’état d’avancement des préparatifs en compagnie du président de la Banque mondiale. Mais le porte-parole de la Monusco prévient. Cette brigade entend rétablir la sécurité dans le pays mais il ne s’agira pas d’une «solution miracle».

«Vous n’allez pas demander aux 3 000 hommes qui vont arriver d’être derrière chaque case, derrière chaque Congolais, derrière chaque arbre, pour amener une sécurité totale ! Ne vous attendez pas à une solution miracle, ce n’est pas possible», a-t-il martelé.


RDC : Le M23, mouvement divisé mais toujours menaçant – 6 mai 2013 (Vidéo: Alqarra TV)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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