Réunion diplomatique à Brazzaville pour appuyer la transition en Centrafrique

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Le nouveau président centrafricain, Michel Djotodia, a insisté, ce mercredi, pour que "l'ordre soit rétabli sur tout le territoire national" (Photo: Archives/Sia Kambou/AFP)
Le nouveau président centrafricain, Michel Djotodia, a insisté, ce mercredi, pour que « l’ordre soit rétabli sur tout le territoire national » (Photo: Archives/Sia Kambou/AFP)

Plus d’un mois après la prise de pouvoir de la Séléka, la République centrafricaine est au cœur des discussions, ce vendredi, lors d’une réunion de plusieurs dirigeants des États d’Afrique centrale à Brazzaville. L’occasion d’aborder les questions de sécurité et de transition dans le pays.

«La tragédie actuelle n’est pas une fatalité». En guise d’ouverture de ce sommet régional extraordinaire, le président congolais et hôte de ces deux jours de réunion, Denis Sassou Nguesso, a tenu à sensibiliser la communauté internationale ainsi que les dirigeants africains présents dans la capitale congolaise sur le sort de la Centrafrique.

«Aujourd’hui, les partenaires multilatéraux sont soucieux d’adopter un plan pour une transition inclusive. Ce processus ne peut aboutir sans un soutien international vigoureux», a-t-il déclaré dans son rôle de médiateur de la crise centrafricaine.

À ses côtés, le président sud-africain Jacob Zuma a rappelé l’urgence de la situation actuelle. Si les autres pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) ont décidé d’envoyer des ministres lors de ce sommet régional, la présence du chef d’État sud-africain apparait des plus symboliques. Après les évènements de mars dernier où plusieurs soldats sud-africains avaient été tués lors d’affrontements avec les rebelles de la Séléka, la visite, le 27 avril dernier, du nouveau Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye à Pretoria avait pour but de «lever les équivoques».

La Fomac doit passer de 500 à 2 000 hommes

Car la Centrafrique a besoin de soutien dans cette période de transition. L’insécurité, même moindre, est toujours présente dans les rues de Bangui et du reste du pays. Si les patrouilles des soldats de la Séléka se font de plus en plus rares, signes d’amélioration lente mais progressive, plusieurs exactions sont encore recensées dans le pays.

«Les écoles demeurent fermées, les administrations sont toujours somnolentes et la nuit appartient toujours aux bandits armés qui rackettent, volent des véhicules ou réquisitionnent de force des villas», soulignait ainsi RFI, ce mardi.

Pour faire face à ce fléau sécuritaire, les nouveaux dirigeants centrafricains ont appelé à un déploiement accru de la Fomac (Force multinationale d’Afrique centrale) dans le pays. Une augmentation des effectifs qui leur avait été accordée à l’issue du somment de N’Djaména, le 18 avril dernier.

«Les chefs d’État ont convenu de doter la Fomac d’un effectif de 2.000 hommes et d’un mandat adéquat en vue d’accompagner les efforts du gouvernement de transition (centrafricain), tant dans le domaine de la sécurité que dans la restructuration des forces de défense et de sécurité», mentionnait le communiqué final du sommet extraordinaire.

Mais le quadruplement des effectifs peine encore à se réaliser. Pour preuve, aucun calendrier effectif n’a été défini.


RCA : Renforcement de la FOMAC – 19 avril 2013 (Vidéo: Alqarra TV)

«L’organe de transition en place n’a pas un sou dans sa caisse pour fonctionner»

Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye tente d'obtenir un soutien financier de la part de ses partenaires africains et de l'Union européenne (Photo: Archives/RD/Gabonews)
Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye tente d’obtenir un soutien financier de la part de ses partenaires africains et de l’Union européenne (Photo: Archives/RD/Gabonews)

Dans le même temps, le nouveau président Michel Djotodia doit également trouver des moyens financiers importants pour relancer le pays. Les fonctionnaires ne sont toujours pas payés alors que l’économie peine à redémarrer. Mais sa tâche est loin d’être aisée. Les visites successives du chef du gouvernement Nicolas Tiangaye à Bruxelles ou Paris, le mois dernier, ont été appréciées. Sans pour autant donner de gage de sécurité, réclamé par l’Union européenne pour procéder à la distribution de son aide financière.

«L’organe de transition en place n’a pas un sou dans sa caisse pour fonctionner», avait déclaré le président tchadien Idriss Déby, lors du sommet de N’Djaména, le 18 avril dernier. «Il est urgent que les partenaires et les pays amis apportent leur contribution financière aux organes de la transition pour remplir sa mission», avait-il ajouté.

Lors de cette même réunion, les dirigeants des pays d’Afrique centrale avaient tenu à réaffirmer la nécessité du bon respect du processus de transition en Centrafrique. Ainsi, le chef de l’État Michel Djotodia, le Premier ministre Nicolas Tiangaye, les membres du gouvernement de transition et le Conseil national de transition «ne peuvent se présenter aux prochaines élections». Et d’ici 18 mois, «des élections libres, démocratiques, transparentes et régulières doivent être organisées pour un retour à un ordre constitutionnel».

Pendant ce temps, la situation peine à se stabiliser. Si une amélioration est perceptible par rapport aux jours ayant suivi le coup d’État de la Séléka, elle reste encore préoccupante. Pour preuve, le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) a renouvelé, ce mardi, sa recommandation de suspendre les retours forcés de réfugiés vers la République centrafricaine. Une manière de pointer du doigt la situation instable du pays, théâtre de plusieurs violations des droits de l’homme et d’une situation humanitaire parfois déplorable.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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