Syrie: dans une rare entrevue, Assad exclut encore toute possibilité de démission

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Le président syrien Bachar al-Assad, le 19 décembre 2006 à Moscou )Photo: Archives/Yuri Kadobnov/AFP)
Le président syrien Bachar al-Assad, le 19 décembre 2006 à Moscou )Photo: Archives/Yuri Kadobnov/AFP)

Dans une de ses très rares entrevues, le président syrien Bachar al-Assad a nié que ses forces utilisent des armes chimiques contre la rébellion et a exclu toute possibilité de démission, déclarant que «Démissionner, ce serait fuir».

Bachar, qui n’accorde presque plus aucune entrevue et qu’on voit très rarement en public, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité, a accordé un long entretien au quotidien argentin Clarìn et à l’agence de presse officielle argentine Telam.

S’agit-il du «chant du cygne»?

Bien que l »interview ait été réalisée dans la bibliothèque palais présidentiel à Damas, les journalistes argentins n’ont pu s’empêcher de noter le bruit constant des tirs d’artillerie, Bachar Al-Assad lui-même tournant parfois les yeux dans la direction d’où venait le bruit des tirs.

La première partie de l’entrevue, qui a été faite à Damas, a été publiée aujourd’hui, samedi 18 mai, et la seconde sera publiée dimanche.

Dans cet entretien, Bachar Al-Assad affirme que les informations de sources occidentales sur de possibles attaques aux armes chimiques des forces gouvernementales servent à préparer les opinions publiques à une intervention militaire contre la Syrie.

«Les accusations contre la Syrie concernant l’utilisation d’armes chimiques ou é[les déclarations]concernant ma démission changent tous les jours. Et il est probable qu’il s’agit d’un prélude à une guerre contre notre pays», a-t-il a déclaré.

«On a dit que nous utilisions des armes chimiques contre des zones résidentielles. Si ces armes étaient utilisées contre une ville ou un faubourg, avec un bilan de dix ou vingt victimes, serait-ce crédible ?», s’interroge Bahar Al-Assad, avant de répondre lui même par la négative.«Leur utilisation signifierait la mort de milliers ou de dizaines de milliers de personnes en quelques minutes. Qui pourrait cacher une pareille chose ?».

Le président syrien a clairement affirmé ne même pas envisager de démissionner.

Amené à commenter les déclarations du secrétaire d’État américain, John Kerry, qui lui a demandé de s’écarter, Bachar Al-Assad a exclu totalement cette possibilité, disant que «Démissionner, ce serait fuir» et ajoutant «Je ne sais pas si Kerry ou un autre a reçu du peuple syrien le pouvoir de parler en son nom sur la question de savoir qui doit partir et qui doit rester. Cela, c’est le peuple syrien qui le déterminera lors de l’élection présidentielle de 2014.»


L’entrevue (en espagnol)[résumée ci-haut dans l’article] de Bachar Al-Assad à l’agence de presse officielle argentine Telam et au quotidien argentin Clarìn (Vidéo: Clarìn)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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