Syrie: l’opposition va finalement participer à la conférence des «Amis du peuple syrien»

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Le chef démissionnaire de la Coalition nationale syrienne (CNS), Ahmed Moaz al-Khatib, lors d'une réunion de l'opposition syrienne, ce mardi, à Madrid (Photo: AFP/Dani Pozo)
Le chef démissionnaire de la Coalition nationale syrienne (CNS), Ahmed Moaz al-Khatib, lors d’une réunion de l’opposition syrienne, ce mardi, à Madrid (Photo: AFP/Dani Pozo)

Participera, participera pas. La Coalition nationale syrienne (CNS) va finalement prendre part à la conférence des «Amis du peuple syrien» qui s’ouvre, ce mercredi, à Amman. Une réunion diplomatique qui doit servir à préparer la prochaine conférence internationale, initiée par les États-Unis et la Russie et prévue dans les prochaines semaines.

«La Coalition a reçu tardivement une invitation et elle a confirmé sa participation à la réunion des Amis du peuple syrien qui se tient à Amman au niveau des ministres des Affaires étrangères», a déclaré à l’AFP un porte-parole de la Coalition, Soner Ahmad. «Elle sera représentée par le président par intérim de la Coalition George Sabra qui se trouve dans l’avion en direction d’Amman», a-t-il ajouté.

Sans pour autant s’en étonner, l’opposition syrienne avait jusqu’à présent pris acte de son absence prévue aux discussions de mercredi. «Je pense que cette absence est due au fait que les pays amis souhaitent parvenir à une position unifiée en ce qui concerne la conférence internationale», a ainsi déclaré Anas Abdé, membre de la Coalition nationale de l’opposition syrienne, à l’AFP.

La réunion de mercredi doit en effet être une préparation pour les soutiens à l’opposition syrienne en vue de «Genève 2», la conférence internationale pour la paix prévue en juin prochain. Ainsi, les chefs des diplomaties jordaniennes, saoudiennes, égyptiennes, qataris, américaines, britanniques, françaises, turques, allemandes et russes se sont rendus, ce mercredi, en Jordanie.

Les négociations entendent aboutir sur un processus de transition politique afin de sortir de la crise syrienne. Une tragédie qui frappe le pays depuis plus de deux ans et qui a déjà coûté la vie à 94 000 personnes, selon un dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Le rôle de Bachar al-Assad au cœur des divergences

Or, certains points de divergence font, pour l’heure, achopper les discussions. Les différentes parties du conflit ne parviennent pas à s’entendre notamment sur le sort de Bachar al-Assad dans un éventuel gouvernement de transition. Si les alliés du régime, tels que la Chine ou la Russie, assurent qu’il ne peut y avoir de solution politique sans donner un rôle à l’actuel président syrien, ses opposants considèrent son exclusion comme un point non-négociable.

Une vision rappelée, ce mardi, par le chef démissionnaire de la Coalition, Ahmed Moaz al-Khatib. Présent à Madrid pour deux jours de réunion au sein de l’opposition, il a assuré que «Bachar al-Assad et son régime sécuritaire ne feront pas partie de la transition et n’ont aucun rôle dans l’avenir de la Syrie».

Il a précisé qu’il attendait des «garanties internationales» sur l’absence de l’actuel chef d’État syrien en cas de gouvernement de transition. Un gouvernement qui devrait d’ores et déjà être mis en place, selon Ahmed Moaz al-Khatib, «jusqu’à ce que les fondations d’un nouveau système politique soient posées, sur la base de la démocratie, du pluralisme, de la justice, de l’égalité et de l’état de droit».

Mais Bachar al-Assad ne semble pas prêt à s’écarter de Damas. Dans un entretien au quotidien argentin Clarin et à l’agence de presse officielle argentine Telam, diffusé le week-end dernier, l’actuel président syrien a assuré que son départ ferait la part belle au terrorisme dans le pays. «Démissionner, ce serait fuir», a-t-il ajouté.

Avant de répondre au Secrétaire d’État américain, John Kerry, ce dernier lui ayant demandé de s’écarter de toute transition politique en Syrie. «Je ne sais pas si Kerry ou un autre a reçu du peuple syrien le pouvoir de parler en son nom sur la question de savoir qui doit partir et qui doit rester. Cela, c’est le peuple syrien qui le déterminera lors de l’élection présidentielle de 2014», a-t-il martelé, n’excluant pas de s’y présenter.


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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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