Tunisie: le face-à-face entre policiers et salafistes d’Ansar Al-Charia commence

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Des soldats tunisiens à Tunis le 11 février 2013 (Photo: Archives/Fethi Belaid/AFP)
Des soldats tunisiens à Tunis le 11 février 2013 (Photo: Archives/Fethi Belaid/AFP)

Un face à face violent. Voilà ce que craint la communauté internationale après l’interdiction de rassemblement ce dimanche 19 mai des militants salafistes jihadistes d’Ansar Al-Charia à Kairouan, alors que des affrontements, qui ont fait jusqu’à maintenant une quinzaine de blessés, ont commencé  aujourd’hui dans la banlieue ouest de Tunis et à Kairouan, où a d’ailleurs été arrêté tôt ce matin le porte-parole d’Ansar Al-Charia, Seifeddine Raïs.

Engagé dans un bras de fer avec le gouvernement tunisien, Ansar Al-Charia (Les Partisans de la charia) est devenu un puissant mouvement bien implanté dans les quartiers populaires du pays, deux ans après la chute de l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali.

Le rassemblement du groupe salafiste Ansar Al-Charia prévu ce dimanche à Kairouan, dans le centre de la Tunisie, a été interdit par le gouvernement qui a menacé de sévir contre ceux qui défieront l’autorité de l’État.

Les entrées de la ville de Kairouan ont ainsi été bouclées par la police et l’armée tunisiennes, afin d’empêcher les militants salafistes jihadistes de participer au congrès interdit par le gouvernement tunisien qui le considère comme une menace à la sécurité de l’État.

Des barrages ont ainsi été installés sur toutes les routes entrant dans la ville de Kairouan et les policiers  fouillaient les voitures.

Les forces de sécurité étaient déployées en nombre non seulement  dans Kairouan, mais aussi ailleurs dans le pays, comme à Tunis où les patrouilles se sont multipliées depuis vendredi soir,  particulièrement dans les quartiers considérés comme des bastions d’Ansar Al-Charia.

Les affrontements éclatent

Les affrontements ont  finalement éclaté dimanche entre policiers et salafistes dans la banlieue ouest de Tunis ainsi qu’à Kairouan.

À défaut de pouvoir se rassembler à Kairouan, Ansar Ashriaa avait appelé ses partisans à se rassembler dans la Cité Ettadhamen, un bastion salafiste à 15 km à l’ouest de la capitale.

En milieu de journée, ont commencé les affrontements  entre policiers et salafistes dans les rues de ce quartier, où des centaines de salafistes ont érigé des barricades à l’aide de pneus en flammes.

Les salafistes ont jeté des pierres sur les policiers qui ont répondu quant à eux par des tirs de gaz lacrymogènes et des tirs de sommation. Des blindés de la garde nationale sont arrivés ensuite en renfort ainsi que des camions de l’armée pour tenter de disperser les militants.

Dans le même temps, des affrontements opposaient salafistes et forces de l’ordre à Kairouan où devait se teenir le rassemblement à l’origine et où des militants, barricadés derrière le mur d’enceinte d’une mosquée du quartier Bab Achouhada du centre-ville, jetaient des pierres sur la police qui répliquait là aussi avec des gaz lacrymogènes.

Depuis la révolution de 2010-2011, la Tunisie est la proie de violences orchestrées par la mouvance salafiste, mais est aussi déstabilisé par une grave crise politique et le développement des conflits sociaux face à la misère.

Le parti islamiste au pouvoir Ennahda était accusé de laxisme pour avoir toléré les groupuscules salafistes jihadistes. Sa position a cependant radicalement changé depuis lorsque seize militaires et gendarmes ont été blessés par des mines posées par des groupes armés traqués à la frontière avec l’Algérie.

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Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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