Une étude met en lumière la présence djihadiste dans la région de Boston

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Les attentats de Boston, le 15 avril dernier(Photo: Archives Dan Lampariello)
Les attentats de Boston, le 15 avril dernier(Photo: Archives/Dan Lampariello)

Pour Robin Simcox, un chercheur à la Henry Jackson Society spécialisé dans le terrorisme et le mouvement Al-Qaïda, la menace terroriste vient bel et bien de l’intérieur et Tamerlan Tsarnaev n’avait pas besoin d’un voyage à l’étranger pour se radicaliser davantage.

L’étude de Simcox affirme que le mouvement djihadiste est bien implanté à Boston où, le 15 avril dernier, deux bombes explosaient au marathon annuel, tuant trois personnes et en blessant plus de 180.

Certes, les auteurs présumés des attentats de Boston, les frères Tamerlan et Dzhokhar Tsarnaev, sont nés au Kirghizistan et étaient «ethniquement tchétchènes».

En 2003, ils ont immigré aux États-Unis en tant que demandeurs d’asile, et Dzokhar, le cadet, a finalement obtenu la citoyenneté américaine.

Comme ils vivaient au Massachusetts et que Boston n’avait pas jusqu’à maintenant été l’objet d’une attaque terroriste, l’hypothèse de la radicalisation au contact de militants djihadistes de l’aîné, Tamerlan, lors d’un voyage au Daguestan, a vite été retenue.

Cependant, la ville et l’État du Massachusetts ont aussi une longue histoire de liens avec al-Qaïda et de militantisme inspiré par Al-Qaïda, révèle l’étude de Robin Simcox.

Dès 1993, il ya eu activité djihadiste dans le Massachusetts, y compris la collecte de fonds pour le djihad, l’organisation Care International servant alors de façade.

En outre, plusieurs personnes ont aussi été condamnées dans le passé au Massachusetts pour complot djihadiste, et des militants isalmistes venant de cet état ont également été tués au combat à l’étranger.

Avant même les attentats Boston, le 15 avril, on pouvait dénombrer, dit l’étude de la Henry Jackson Society, vingt-six personnes ayant des liens avec le Massachusetts et qui étaient aussi reliées à Al-Qaïda ou à des mouvements inspirés d’Al-Qaïda .

Quinze d’entre elles avaient vécu au Massachusetts, et onze des auteurs des attentats du 11 septembre contre le World Trade Center à New-York s’étaient servis de Boston comme base d’opérations pour lancer leurs attaques.

L’étude recommande donc que les attentats de Boston soient considérés dans le contexte de la menace permanente à laquelle le Massachusetts est confrontée par la présence djihadiste.

La lutte au terrorisme des États-Unis a été largement couronnée de succès pour ce qui est d’empêcher des actes comme ceux du 11 septembre, souligne l’étude, mais des individus radicalisés au contact d’organisations terroristes locales, déguisées en oeuvres de charité ou autrement, sont en mesure d’infliger de lourdes de pertes à la société américaine, comme l’ont démontré les attentats de Boston.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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