Volte-face de la Santé publique dans l’affaire de l’eau contaminée à Shannon

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Contamination au TCE de la nappe phréatique à Shannon (Photo: Regroupement des Citoyens de Shannon)
Contamination au TCE de la nappe phréatique à Shannon (Photo: Regroupement des Citoyens de Shannon)

Au grand étonnement de tous, la Santé publique a fait volte-face dans le dossier de l’eau contaminée à Shannon et met sur pied un comité d’experts internationaux pour réexaminer les cas de cancer dans cette municipalité.

La nouvelle étude aura pour but de déterminer si les cancers du cerveau recensés autour de la base de Valcartier sont effectivement plus nombreux qu’ailleurs au Québec et l’étude se penchera aussi sur la question de savoir s’il y a un lien de causalité entre la contamination de la nappe phréatique au trichloréthylène (TCE) et les cas de cancers à Shannon.

La Santé publique avait pourtant déclaré dans le passé qu’il n’y avait pas un tel lien. La Défense nationale avait même cité les études précédentes réalisées par la Santé publique à l’appui de sa thèse que la contamination de l’eau ne pouvait expliquer les cas de cancers à Shannon.

La Santé publique explique maintenant, par la voix de la Dre Isabelle Goupil-Sormany, médecin-conseil en santé et environnement à la Direction régionale de Santé publique, que, cette fois, l’approche ne sera pas la même: «Jusqu’à maintenant, on comparait les données administratives, les compilations de cancer dans les hôpitaux, avec les moyennes provinciales. Là, on va partir des données des citoyens qui ont fait une collecte depuis dix ans des cas de cancers sur le territoire ».

Ces données n’étaient pas disponibles pour la Santé publique auparavant et elles ont été obtenues par la voie des tribunaux lors du recours collectif intenté par le Regoupement des citoyens de Shannon.

Dans une entrevue à 45eNord.ca, l’avocat représentant le Regroupement des citoyens de Shannon dans le recours collectif, Me Charles Veilleux, avait déjà déploré que la santé publique n’ait pas fait son travail et n’avait pas étudié un nombre suffisant de cas.

En outre, Me Veilleux insistait alors pour dire qu’il était très important, si on voulait former un comité d’experts véritablement indépendants et impartiaux, d’avoir aussi recours à des spécialistes étrangers.

Il semble donc que ses conseils ont été entendues, car, si dans ce comité d’experts internationaux formé notamment de spécialistes en santé publique, neurologie, toxicologie et oncologie, plusieurs experts proviennent du Québec, d’autres viendront de la France et de la Colombie-Britannique.

Pour les citoyens de Shannon, la bataille se poursuit mais, lorsque les résutats de cette nouvelle étude seront connus, ils auront peut-être une nouvelle arme.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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