Soudan: accusé de complot pour renverser el-Béchir, l’ex chef du renseignement risque la mort

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Le major-général Salah Abdallah «Gosh», ancien chef du renseignement, inculpé de complot, risque la peine de mort ( Photo: Archives/Al-Arabiya)
Le major-général Salah Abdallah «Gosh», ancien chef du renseignement, inculpé de complot, risque la peine de mort (Photo: Archives/Al-Arabiya)

L’ancien chef des renseignements soudanais Salah Gosh a été inculpé de complot contre l’État et risque la peine de mort, a indiqué lundi son avocat, rapporte l’AFP.

Gosh, emprisonné depuis novembre dans le cadre d’une affaire de tentative de coup d’État contre le régime d’Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 24 ans, a été inculpé il y a quelques jours en vertu du Code pénal et de la loi antiterroriste pour son rôle supposé dans le complot, a expliqué à l’agence de presse son avocat, Ali Al-Saeed.

Ce dernier conteste ces accusations et réclame que les charges contre son client soient abandonnées.

Le major-général Salah Abdallah «Gosh» n’est pas tout à fait un enfant de chœur: ancien directeur des services de renseignement de sécurité nationale du Soudan jusqu’en 2009, il a joué un rôle important dans l’organisation des milices du gouvernement de Khartoum dans le conflit du Darfour.

Il serait ainsi l’un des principaux responsables des crimes de guerre commis par le régime d’Omar el-Béchir.

Il a également été le point de contact entre la CIA américaine et le Soudan sur les questions de contre-terrorisme.

Il fut longtemps un allié fidèle d’el-Béchir. Après que la Cour pénale internationale eut émis un mandat d’arrêt contre le président soudanais, en 2009, Gosh, aurait menacé d’amputer les mains et de couper la gorge de toute personne qui oserait dire du mal d’el-Béchir ou soutiendrait la décision de la Cour.

Après avoir quitté les services de sécurité, il a été conseiller présidentiel, mais a été démis de ses fonctions début 2011.

En novembre 2012, Gosh avait été arrêté avec d’autres hauts gradés de l’armée soudanaise pour avoir comploté pour «déstabiliser le pays», selon les mots du ministre de l’Intérieur à l’époque.

Des témoins avaient dit alors avoir vu des troupes et des blindés dans le centre de la capitale, Khartoum, avant l’arrestation de ces officiers.

Le Soudan était en proie à l’agitation cette année-là en raison du coût élevé de la vie et des voix se faisaient entendre pour demander des réformes politiques et le départ d’el-Béchir, arrivé au pouvoir en 1989 après un coup d’État.

En outre, el-Béchir était également devenu impopulaire auprès des nationalistes soudanais après sa décision l’année précédente d’accorder son indépendance au Sud-Soudan où se trouvent la plupart des ses réserves connues de pétrole, décision qui avait durement touché l’économie soudanaise.

Plusieurs observateurs s’accordent à dire que cette affaire reflèterait une lutte de pouvoir au sein du gouvernement el-Béchir mettant aux prises des forces diverses, certaines favorables au dialogue, d’autres représentant plutôt le noyau dur des islamistes soudanais, autrefois soutiens de premier plan du régime.

Salah Abdallah «Gosh», qui s’était montré favorable au dialogue avec l’opposition ne fait pas partie quant à lui du camp islamiste.

En avril, Omar el-Béchir avait accordé la grâce à 15 agents de sécurité et militaires qui étaient emprisonnés pour complicité dans ce complot, mais n’avait pas gracié le major-général Gosh, le plus haut gradé arrêté dans cette histoire de complot.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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