Affrontements en Égypte, des manifestants appellent l’armée à prendre le pouvoir

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Un homme est blessé lors de heurts en Égypte entre opposants et partisans de Mohamed Morsi, le 28 juin 2013 à Alexandrie (Photo: AFP)
Un homme est blessé lors de heurts en Égypte entre opposants et partisans de Mohamed Morsi, le 28 juin 2013 à Alexandrie (Photo: AFP)

Pendant que des milliers d’Égyptiens affrontent encore… des milliers d’autres Égyptiens, que dans la capitale des milliers de partisans du président islamiste s’assemblent à la cité Nasr et que d’autres milliers, des opposants cette fois, envahissent la Place Tahrir, les yeux se tournent ce vendredi vers l’armée que plusieurs appellent maintenant pour remplacer Morsi et à prendre le pouvoir.

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Mise à Jour, 28/06/13 à 20h28

Deux personnes, un Égyptien et un Américain, ont été tuées lors de violents heurts vendredi à Alexandrie entre partisans et opposants du président Mohamed Morsi à l’occasion de manifestations rivales qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes à travers l’Égypte, rapporte l’AFP.

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Après les heurts de cette semaine et de la semaine dernière, les partisans de Morsi font une démonstration de force dans la Cité Nasr, au Caire. Le rassemblement à la mosquée Rabaa Al-Adawiya, organisée par une nouvelle alliance islamique, qui la branche politique de la confrérie des Frères Musulmans, le Parti liberté et justice, a attiré des centaines de milliers de personnes.

Mais, pendant ce temps, le nombre des opposants au président islamiste à la Place Tahrir, lieu mythique de la révolution qui avait renversé le président Moubarak en 2011, où ils sont déjà des dizaines de milliers , ne cesse d’augmenter.

Des rassemblements anti-Morsi se déroulent aussi dans plusieurs gouvernorats en dehors du Caire, notamment Alexandrie, Mansoura, Sharqiya, Damanhour, Gharbieh, Kafr El-Sheikh et Dakalieh.

Jusqu’à maintenant, à Alexandrie, dans le nord du pays, une personne a été tuée et 70 blessées lors d’affrontements entre partisans et opposants du président Mohamed Morsi, a rapporté l’agence officielle Mena.

«Un citoyen a succombé à ses blessures infligées par des tirs à la chevrotine», a dit l’agence en précisant que les 70 blessés avaient été transférés à l’hôpital.

De son côté, la campagne anti-Morsi «Tamarrod» (Rébellion), qui réclame la démission de Morsi, parle de 420 blessés, vendredi, en plus de l’arrestation de 27 partisans des Frères musulmans pour la possession des armes à feu.

«Tamarrod» rappelle aussi sur son compte Twitter aujourd’hui qu’il invite les Égyptiens à manifester pacifiquement et que « répandre le sang des Égyptiens, quelque soit leur affiliation politique ou religieuse» était condamnable.

Des manifestants appellent l’armée à prendre le pouvoir

Alors que s’affrontent les partisans et les opposants du président islamiste, le porte-parole officiel des forces armées, Ahmed Ali, a déclaré que l’armée avait déployé des troupes dans toute l’Égypte pour protéger les citoyens égyptiens et leurs biens, rapporte encore l’agence officielle Mena.

«Ces mesures sont prises pour éviter le scénario du 28 janvier 2011 scénario», a dit le porte-parole de l’armé égyptienne, se référant au moment où, après des manifestations particulièrement violentes qui avaient plusieurs morts et blessés au Caire et à Suez, le président Hosni Moubarak avait fait appel à l’armée et décrété un couvre-feu.

Le 23 juin dernier, le ministre de la Défense et chef de l’armée égyptienne, Abdel-Fattah El-Sisi, avait sommé dimanche les hommes politiques de se réconcilier et, affirmant que les forces armées ne permettront pas à l’Égypte de glisser dans la violence, il avait déclaré qu’il serait de leur devoir d’intervenir si des heurts éclataient dans le pays à l’occasion des rassemblements prévus dans les jours à venir.

Pendant ce temps, au siège du ministère de la Défense qui se trouve, ironie du sort, à mi-chemin entre le quartier de Nasr où sont rassemblés les partisans de Mohamed Morsi et la place Tahrir, lieu de rassemblement de ses opposants, des manifestants ont organisé un sit-in, qui en est à sa septième journée aujourd’hui, pour, non seulement réclamer le départ du président islamiste, mais demander au ministre de la Défense et chef de l’armée, Abdel-Fattah El-Sisi, de prendre directement le pouvoir.

Au même moment, à la Place Tahrir, plusieurs autres manifestants demandent aussi à El-Sissi de prendre le pouvoir, scandant « L’armée et le peuple sont une même main».


Rassemblements rivaux en Égypte, des centaines de milliers d’Égyptiens dans la rue, à Place Tahrir, à Nasr City et partout au pays (Vidéo: Al-Jazzera)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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