Armes chimiques: les informations de Washington sont des «faux», selon un député russe

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Des garçons jouent autour d'un tank détruit de l'armée syrienne, au nord-ouest d'Alep (Photo: Archives/Romenzi/UNICEF)
Des garçons jouent autour d’un tank détruit de l’armée syrienne, au nord-ouest d’Alep (Photo: Archives/Romenzi/UNICEF)

Au lendemain des accusations prononcées par Washington sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien, un influent député russe, proche du Kremlin, a affirmé, ce vendredi, que les preuves apportées par les autorités américaines étaient du même ordre que les «mensonges concernant les armes de destruction massive de Saddam [Hussein, ndlr]».

«Les informations sur l’utilisation par Assad d’armes chimiques sont des faux du même ordre que les mensonges concernant les armes de destruction massive de Saddam [Hussein, ndlr]», a ainsi commenté Alexei Pouchkov, président de la commission des Affaires étrangères de la Douma.

«Obama emprunte la même voie que George Bush», a-t-il ajouté sur son compte Twitter. De quoi affirmer un peu plus les divergences d’opinions et de prises de position à propos du conflit syrien.

Ce jeudi, le conseiller adjoint à la sécurité nationale Ben Rhodes a confirmé l’usage d’armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad. Assurant que Washington a reçu de nouvelles preuves, le conseiller américain a, par la suite, déclaré que celles-ci avaient été mises à la disposition de Moscou.

«La Russie n’a pas encore accepté le fait que Bachar el-Assad doit partir. Nous avons fourni aux Russes les données dont nous disposons. Nous leur avons déjà transmis nos estimations sur l’usage d’armes chimiques en Syrie. Nous estimons que la Russie ainsi que tous les membres de la communauté internationale doivent être au courant de l’usage d’armes chimiques où que ce soit», a-t-il déclaré.

Principal soutien au régime de Bachar al-Assad, la Russie a continué pendant plusieurs mois de livrer des armes de nature défensive à l’armée syrienne. Pour autant, Moscou a réaffirmé, ce jeudi, sa volonté de ne pas envoyer d’arme offensive.

«Nous sommes très prudents dans nos livraisons d’armes au Proche-Orient et nous n’y fournirons pas d’arme offensive», a ainsi affirmé Mikhaïl Marguelov, président de la Commission des affaires étrangères du Conseil de la Fédération, le sénat russe.

S’exprimant à l’issue de sa rencontre avec le ministre adjoint israélien des Affaires étrangères Zeev Elkin, M. Marguelov a ajouté que «la Russie n’avait aucun intérêt à jeter de l’huile sur le feu au Proche-Orient».

Poutine et Obama discuteront des armes chimiques lors du sommet du G8

Ainsi, les différents acteurs internationaux semblent privilégier la piste diplomatique pour résoudre ce conflit. L’accord entre Washington et Moscou sur l’organisation prochaine d’une réunion internationale, dite «Genève 2», en est un exemple frappant.

Avant cela, le président américain Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine discuteront de ces nouvelles accusations sur l’utilisation d’armes chimiques lors du prochain sommet du G8, comme l’a confirmé, ce jeudi, l’ambassadeur américain à Moscou Michael McFaul.

«C’est une question sur laquelle nous coopérons étroitement avec nos collègues russes. Nos intérêts sur ce dossier coïncident. Je pense que [l’utilisation d’armes chimiques en Syrie] sera l’un des principaux sujets de la rencontre entre nos présidents prévue dans quelques jours», a ainsi déclaré le diplomate américain aux journalistes, en référence au sommet prévu les 17 et 18 juin prochains en Irlande du Nord.


Syrie: les Etats-Unis reconnaissent l’utilisation d’armes chimiques contre les rebelles – 14 juin 2013 (Vidéo: BFM TV)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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