Conflit israélo-palestinien: «la construction dans les colonies va continuer», selon Netanyahu

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 21 avril 2013 à Jérusalem (Photo: Archives/Gali Tibbon/Pool/AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 21 avril 2013 à Jérusalem (Photo: Archives/Gali Tibbon/Pool/AFP)

Le conflit israélo-palestinien reste en pleine impasse. Alors que le secrétaire d’État américain John Kerry a du reporter son voyage au Proche-Orient, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré, ce lundi, que des négociations immédiates devaient se tenir sans «conditions préalables». Une volonté loin d’être du goût des autorités palestiniennes.

«La construction dans les colonies de Judée-Samarie [Cisjordanie, ndlr] a lieu aujourd’hui et va continuer», a affirmé, ce lundi, le chef du gouvernement de l’État hébreu. S’exprimant devant la commission parlementaire israélienne des Affaires étrangères et de la Défense, Benjamin Netanyahu a tenu à rappeler sa volonté d’engager des pourparlers concrets avec la Palestine.

Il souhaite ainsi parvenir à un «accord basé sur un État palestinien démilitarisé qui reconnaît l’Etat juif et des mesures de sécurité fermes, assurées par l’armée israélienne». Mais le président palestinien Mahmoud Abbas ne l’entend pas de cette oreille. Et pour cause, ce dernier exige plusieurs conditions avant la reprise des négociations. Notamment le gel total de la colonisation israélienne, véritable point d’accroche entre les autorités respectives.

Pour Benjamin Netanyahu, cette stratégie israélienne ne remet en rien en cause l’éventuel accord entre les deux parties. «La construction dans les blocs n’affectera pas significativement la possibilité de parvenir à un accord», a-t-il martelé ce lundi. «Mais il faut être intelligent et pas seulement avoir raison», a-t-il ajouté.

Pour ce faire, le Premier ministre israélien entend poursuivre le développement de grands blocs de colonisation que l’État hébreu conserverait même en cas d’accord avec la Palestine. S’il prône ainsi «une solution à deux États», le Premier ministre israélien reste entouré dans son propre camp de pro-colonialistes et d’opposants déclarés aux autorités palestiniennes.

«Le gouvernement israélien dirigé par Netanyahu fuit des négociations et une paix véritables»

Une situation qui amène ces dernières à renforcer leurs critiques à l’égard des dirigeants israéliens. «Il est clair que le gouvernement israélien dirigé par Netanyahu fuit des négociations et une paix véritables en posant des conditions préalables à tout accord de paix, notamment le maintien de l’armée d’occupation israélienne sur le territoire de l’État palestinien occupés depuis 1967», a ainsi déclaré à l’AFP Nabil Abou Roudeina, conseiller de Mahmoud Abbas.

Même son de cloche du côté du négociateur palestinien Saëb Erakat. «Il est très clair que les paroles de Netanyahu et de son gouvernement révèlent qu’ils se préparent à faire porter la faute au président Mahmoud Abbas, et c’est le début d’une échappatoire pour faire porter au président et à la direction palestinienne la responsabilité de la non-reprise des négociations», a-t-il assuré.

Mais alors que les relations entre les deux pays restent des plus froides, la médiation américaine ne parvient pas à faire bouger les choses. Avec quatre déplacements en l’espace de quatre mois, le secrétaire d’État américain John Kerry semble pleinement investi dans cette mission.

Il a néanmoins du récemment reporter un nouveau voyage à Jérusalem, en Cisjordanie et en Jordanie. Contraint de rester à Washington pour une réunion diplomatique concernant la situation en Syrie, l’ancien candidat à la présidentielle américaine ne retournera au Proche-Orient que dans les prochaines semaines.

Face aux invectives respectives entre israéliens et palestiniens, son investissement ne sera pas de trop pour relancer un processus de paix au point mort depuis de longs mois.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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