Dialogue intercoréen: Pyongyang ne répond plus!

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La zone commune de sécurité dans la Zone démilitarisée, le 23 avril 2013. (Photo: Archives/ACC)
La zone commune de sécurité dans la Zone démilitarisée, le 23 avril 2013. (Photo: Archives/ACC)

Au lendemain de l’annulation de la réunion prévue, ce mercredi, entre Pyongyang et Séoul, les autorités nord-coréennes ne répondent plus sur le canal de communication établi à Panmunjom.

«Nous avons appelé vers 09H00 ce matin. Mais le Nord n’a pas répondu», a déclaré le ministère sud-coréen de l’Unification dans un bref communiqué. L’agence Yonhap a également indiqué qu’un nouvel appel a été effectué en vain à 16h00, heure locale.

Rétablie depuis vendredi dernier, la ligne reliant les deux Corées n’est ainsi plus en fonction. Une nouvelle rupture marquante dans les relations entre Pyongyang et Séoul.

Les autorités des deux pays devaient se retrouver, ce mercredi, du côté de Séoul. Mais le Nord a annulé unilatéralement cette réunion de travail. En cause, la composition des délégations respectives.

La Corée du Nord aurait du envoyer des «officiels de haut rang» au dialogue intercoréen qui devait se tenir les 12 et 13 juin à Séoul, avait prévenu lundi un responsable de la présidence sud-coréenne, qui avait souligné la nécessité d’avoir des délégations «équilibrées» pour la construction de la confiance.

Le Sud prévoyait pour sa part d’être représenté à la rencontre par son ministre de l’Unification, Ryoo Kihl-jae, et avait pour cette raison demandé à Pyongyang d’envoyer un haut officiel, en l’occurrence Kim Yang-gon, en charge des relations intercoréennes au Nord.

Le Sud et le Nord ont échangé ce mardi vers 13h00, heure locale, une liste de cinq personnes composant leur délégation par le biais du canal de communication installé à Panmunjom et le Nord a contesté alors celle du Sud.

La Corée du Sud se dit toujours ouverte au dialogue

Ce mercredi, un officiel du ministère de l’Unification a rappelé que la porte reste toujours ouverte au dialogue du côté de Séoul, rapporte l’agence Yonhap, il a assuré que «le chef du Front de la réunification a été évoqué comme un exemple du niveau correspondant à celui de ministre de l’Unification. Cela ne veut pas dire que nous n’enverrons pas de ministre si ce n’est pas le chef du Front de la réunification [qui représente le Nord, ndlr]».

«Nous sommes d’avis que nous pouvons tenir la réunion à tout moment et seulement s’il n’y a pas de changement dans les délégations actuelles du Sud et du Nord», a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que les autorités sud-coréennes déploieront «des efforts pour trouver des solutions aux sujets d’actualité intercoréens à travers la réunion des autorités intercoréennes et la Corée du Nord doit répondre à ces efforts».

De son côté, le quotidien officiel du Parti du travail en Corée du Nord, Rodong Sinmun, a publié une chronique sous le titre «De créer une ambiance favorable au dialogue est une question réelle très importante».

L’occasion d’indiquer que «le dialogue intercoréen proposé à notre initiative commence à créer les conditions favorables au développement des relations intercoréennes, il est donc important de promouvoir cette ambiance favorable activement».

Pour autant, le quotidien nord-coréen a réitéré son appel à destination de Séoul quant à l’«arrêt des provocations ou des menaces militaires contre son interlocuteur». Il a également précisé qu’il est «crucial de mener le dialogue intercoréen».

«Si le Sud souhaite un dialogue productif il faut qu’il arrête les exercices militaires de guerre extrêmement provocateurs et essaie de créer une ambiance pacifique», a-t-il ajouté, en référence aux manœuvres militaires conjointes menées entre Séoul et Washington au cours des derniers mois.

Une fois n’est pas coutume, chaque camp avance ses pions dans des négociations qui peinent à progresser. Après un pas en avant effectué avec le rétablissement de la ligne de communication entre les deux Corées, l’avortement de cette réunion de travail, la première depuis six ans entre les dex Corées, vient un peu plus fragiliser les relations communes. D’autant que Pyongyang ne donne plus signe de collaboration.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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