En visite en France, Stephen Harper reconnaît l’usage d’armes chimiques en Syrie

Le premier ministre canadien Stephen Harper et le président français François Hollande à Paris, le 7 juin 2012 (Photo: Présidence de la République - Pascal Segrette)
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Le premier ministre canadien Stephen Harper et le président français François Hollande à Paris, le 7 juin 2012 (Photo: Présidence de la République - Pascal Segrette)
Le Premier ministre canadien Stephen Harper et le président français François Hollande à Paris, le 7 juin 2012 (Photo: Archives/Présidence de la République)

Le Premier ministre Stephen Harper a déclaré vendredi être convaincu que le régime du président syrien Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques, et ce, 24 heures après que les États-Unis aient fait valoir que plusieurs attaques ont tué jusqu’à 150 personnes.

«Nous partageons le point de vue de nos alliés, fondé sur les preuves que nous avons désormais devant nous, qu’il y a eu utilisation d’armes chimiques en Syrie par le régime [de Bachar al-Assad]», a déclaré M. Harper lors d’une conférence de presse à Paris vendredi.

Stephen Harper et François Hollande arrivent à la conférence de presse conjointe (Photo: PMO)
Stephen Harper et François Hollande arrivent à la conférence de presse conjointe (Photo: PMO)

Devant le président français, François Hollande, le Premier ministre canadien a jugé qu’il s’agissait d’un «développement très dangereux non seulement pour la Syrie mais pour toute la région».

«La position du Canada sur le régime est clair: nous voulons voir Assad partir et nous voulons voir un régime qui est représentatif de l’ensemble de la population de la Syrie, ce que le régime Assad dans sa forme actuelle ne pourra jamais être», a lancé M. Harper aux journalistes présents.

«Cette révélation confirme bien la pression que nous devons exercer sur le régime de Bachar el-Assad», a affirmé le président français, en réaffirmant la nécessité d’une «issue politique» impliquant le départ du président Bachar al-Assad. «Et nous devons aussi exercer une pression, y compris sur le plan militaire», a ajouté le chef de l’État.

Stephen Harper a précisé cependant qu’il a encore des réserves sur la livraison d’armes et de munitions aux rebelles syriens.

«Je pense que nos inquiétudes concernant les risques des deux côtés sont partagés également par nos alliés», a dit le Premier ministre, faisant référence sur l’intention de l’utilisation de ces armes par l’opposition.


Point de presse avec M. Stephen HARPER, Premier ministre du Canada (Vidéo: Présidence de la République française)

La veille, la Maison-Blanche avait annonçait un soutien militaire aux rebelles syriens, accusant le régime de Bachar al-Assad d’avoir franchi des «lignes rouges » en utilisant des armes chimiques, dont le gaz sarin.

Selon l’assistant Conseiller à la sécurité de la Maison-Blanche, Ben Rhodes, entre 100 et 150 personnes, au minimum, ont été tuées dans des attaques chimiques.

Il y a dix jours, la France avait déjà reconnue l’utilisation d’armes chimiques. Après avoir fait analyser des échantillons sanguins et d’urine, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans une déclaration publiée sur le site internet de la diplomatie française, indiquait que «ces analyses démontrent la présence de sarin dans les échantillons en notre possession. Au regard de ces éléments, la France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée».

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