F-35: Québec change d’avis et espère bénéficier des retombées

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Le 19 octobre dernier, un F-35A a réalisé le premier largage en vol d'un missile AIM-120 AMRAAM (Photo: Lockheed Martin)
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Le 19 octobre dernier, un F-35A a réalisé le premier largage en vol d'un missile AIM-120 AMRAAM (Photo: Lockheed Martin)
Le 19 octobre dernier, un F-35A a réalisé le premier largage en vol d’un missile AIM-120 AMRAAM (Photo: Lockheed Martin)

Si par le passé le gouvernement de Pauline Marois ne voulait pas entendre parler du programme d’achat de l’avion de chasse F-35 de Lockheed Martin, il semblerait que le vent ait tourné.

Le gouvernement péquiste espère désormais qu’Ottawa choisira la bonne entreprise afin de pouvoir bénéficier des retombées industrielles pour le remplacement de sa flotte de CF-18.

Mardi, Québec a accordé une subvention de quatre millions $ à Lockheed Martin, afin de lui permettre de reprendre les installation d’Aveos à Montréal. La nouvelle compagnie, qui s’appellera Kelly Aviation Center Montreal, devrait œuvrer dans le secteur de la maintenance et de la réparation aéronautique civile et militaire. Il s’agit d’un projet de 31 millions $, qui devrait créer 220 emplois d’ici à 2016.

Selon la ministre déléguée à la Politique industrielle du Québec, Élaine Zakaïb, si Lockheed Martin obtient son contrat avec Ottawa pour les F-35, «on aimerait qu’une partie des contrats qui seront donnés le soient à des entreprises du Québec. On invite le gouvernement fédéral à ce que ça ne se passe pas comme ça s’est fait pour les traversiers, où on n’a rien eu au Québec. Alors c’est certain qu’on va faire des représentations pour qu’il y ait une partie de ces travaux-là qui se fasse chez nous.»

Si le fédéral choisit d’acheter des avions de combat, «j’espère que le contenu canadien sera un critère et que ce sera possible que le gouvernement fédéral favorise une entreprise qui est installée chez nous», a-t-elle ajouté un peu plus tard, se défendant toutefois de vouloir influencer Ottawa.

La ministre de Québec a également rappelé que le contrat signé avec Lockheed Martin n’est pas conditionnel à ce que le fédéral achète son F-35. «Leur engagement de créer des emplois est clair, c’est écrit dans le contrat, et il y a des pénalités s’ils ne le font pas».

Le vent tourne

En mars 2012, quelques mois avant d’être élue première ministre, Pauline Marois tenait un autre discours et se disait contre l’achat des avions de combat.

Elle affirmait notamment qu’«une partie de nos salaires, des profits de nos entreprises, de nos achats prend la direction d’Ottawa. Et là, ce n’est pas nous qui choisissons. C’est Stephen Harper. Il a choisi de subventionner les pétrolières, d’acheter des avions, des bateaux, des prisons. Ce n’est pas notre choix. Pour nous, c’est l’éducation avant les prisons, les familles avant les escadrilles !»

Rappelons que le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait annoncé en juillet 2010 son intention d’acheter 65 appareils F-35 pour remplacer ses vieux CF-18.Toutefois, un rapport de la firme KPMG, a révélé des dépassements de coûts importants et que la facture totale serait de 45 milliards $ et non 9 milliards comme la Défense l’a affirmé pendant très longtemps. Le processus de sélection est reparti de zéro et est toujours en cours.

Cinq appareils sont maintenant considérés: le F-18 Super Hornet de Boeing, le Rafale de Dassault, l’Eurofighter Typhoon d’EADS, le Gripen de Saab et le F-35 de Lockheed Martin.

1 COMMENT

  1. Il est navrant que Marois pense que le Québec va avoir des retombés imaginaire du citron F35. Elle parle de la perte des traversiers pour nos chantiers navale de Québec, mais oublis la perte immense des contrats pour renouveler les frégates de la marine canadienne

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