Hassan Rouhani, déclaré vainqueur officiel de la présidentielle iranienne

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Des partisans du candidat à la présidentielle iranienne Saïd Jalil, chef des négociateurs nucléaires, brandissent le drapeau national lors d'un meeting à Téhéran le 12 juin 2013 (Photo: Behrouz Mehri/AFP)
Des Iraniens brandissent le drapeau national lors d’un meeting électoral à Téhéran le 12 juin 2013 (Photo: Behrouz Mehri/AFP)

Le ministre de l’Intérieur iranien, Mostafa Mohammad Najjar, vient de proclamer la victoire d’Hassan Rouhani à l’élection présidentielle iranienne et annonce du même souffle qu’un second tour ne sera pas nécessaire.

Le religieux modéré sera donc le président de la République islamique d’Iran pour les quatre prochaines années.

Sur nombre total de 36 704 156 suffrages exprimés à la 11e élection présidentielle en Iran le vendredi 14 Juin, Rouhani a remporté 18.613.329 voix, soit 52,49% des suffrages exprimés lors de l’élection, alors que son principal rival, le maire de Téhéran, Mohammad Qalibaf pourrait n’obtenir au final que 6 077 292 votes.

Le négociateur en chef de l’Iran et Secrétaire du SNC, Saïd Jalili se termine en 3e place 3ème avec 4 168 946 votes, le Secrétaire du Conseil des gardiens de la Révolution, Mohsen Rezayee Mir-Qaed , en 4e place avec 3 884 412 votes, l’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Ali Akbar Velayati , en 5e place avec 2 268 753 votes et l’ancien ministre iranien du Pétrole et des Télécommunications Seyed Mohammad Qarazi arrive en dernière position avec 446 015 suffrages exprimés en sa faveur.

Saïd Jalili, qui termine en 3e place a d’ailleurs transmis via Twitter ses félicitations au vainqueur et invité les Itraniens à lui apporter leur soutien.

Hassan Rouhani

Le nouveau président élu de la République islamique d’Ian, Hassan Rouhani (Photo: Archives/AFP)

Hassan Rouhani, un religieux chiite de 64 ans, né le 12 novembre 1948, est un homme politique et un juriste. Il a été membre de l’Assemblée des experts, depuis 1999, membre du Conseil de discernement depuis 1991, membre du Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC) depuis 1989, et directeur du Centre pour la recherche stratégique depuis 1992.

Rouhani a été également vice-président des 4e et 5e législatures du Parlement iranien et secrétaire du SNSC (Supreme national security council) de 1989 à 2005.

Hassan Rohani, a aussi été le responsable des négociations sur le dossier nucléaire entre 2003 et 2005 sous la présidence du réformateur Mohammad Khatami (1997-2005). Il prône plus de souplesse dans les discussions avec les grandes puissances pour alléger les sanctions contre l’Iran et qui ont plongé le pays dans une grave crise économique, alors que les candidats conservateurs Saïd Jalili ou Mohammad Bagher Ghalibaf refusent tout compromis, suivant en cela la ligne du guide suprême iranien Ali Khamenei.

La participation et la campagne

Le ministère de l’Intérieur a aussi déclaré que le taux de participation des électeurs était de 72,7 pour cent. Par ailleurs,les votes nuls s’élèvent pour leur part à à 1 245 409. Des 50 483 192 personnes appelées à voter lors de ces élections présidentielles, 1,6 million étaient des jeunes qui en étaient au premier vote de leur vie sont venus pour être admissible à voter pour la première fois de leur vie et il semble que les jeunes électeurs, de tendance réformatrice ou modérée, aient réussi à se mobiliser grâce aux réseaux sociaux.

La campagne pour cette 11e élection présidentielle de juin 14 avait commencé le 22 mai, après la publication par le Conseil des gardiens de la liste des 8 candidats qualifiés, mais seulement 6 sont restés pour la course.

Pour le camp réformateur, il s’agissait dans cette élection de mobiliser les abstentionnistes, qui estimaient avoir été lésés et trompés lors de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009 et s’étaient depuis jurés de ne plus participer à un autre scrutin. Les conservateurs, pour leur part, voulaient plutôt montrer que le peuple soutenait le régime face à ses ennemis.

Les camps modéré et réformateur s’était unis derrière Hassan Rohani, après le retrait mardi dernier du réformateur Mohammad Reza Aref. Les partisans d’Hassan Rouhani se sont mobilisés sur les réseaux sociaux, appelant à un vote massif en sa faveur.

Disqualifiés par le Conseil des gardiens et ne pouvant prendre part à la course, les ex-présidents Akbar Hachémi Rafsandjani (modéré) et Mohammad Khatami (réformateur) avaient mis pour leur part mis tout leur poids derrière Rouhani. «Je demande à tout le monde, en particulier aux réformateurs» de voter pour M. Rohani», avait déclaré mardi le réformateur Mohamed Khatami, président de l’Irande 1997 à 2005, et le lendemain, mercredi , l’ayatollah Rafsandjani, un pilier du régime iranien au pouvoir entre 1989 et 1997, avait à son tour les électeurs à participer au vote malgré «les doutes» et les avaient invité à voter pour Hassan Rouhani.

Aujourd’hui, dans un mesage via Twitter, Rafsandjani souhaite au nouveau président élu la force de remplir ses promesses et de résoudre les problèmes auxquels est confronté l’Iran.

 

La majorité des électeurs étaient préoccupés par la crise économique, le taux de chômage élevé, une inflation supérieure à 30% et une dépréciation de la devise iranienne de près de 70% et semblent aussi avoir voté pour un certain…pragmatisme.

Toutefois, même si le prochain président sera officiellement le deuxième personnage de l’État selon la Constitution iranienne, il n’aura que peu d’influence sur les dossiers stratégiques majeurs comme le nucléaire, qui sont sous l’autorité directe du guide suprême, représentant de Dieu dans cette théocratie qu’est devenu l’Iran après la révolution de 1979.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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