Hollande exige la libération des deux journalistes français disparus hier en Syrie

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Le photographe Édouard Elias le 19 mars 2013 en Birmanie(Photo: Archives/Chris Huby/Haytham/AFP)
Le photographe Édouard Elias le 19 mars 2013 en Birmanie(Photo: Archives/Chris Huby/Haytham/AFP)

Deux journalistes français, interceptés à un checkpoint, sont portés disparus depuis hier. La rédaction de la station Europe 1 a confirmé être sans nouvelles du grand reporter Didier François et du photographe Édouard Elias. Les deux journalistes, habitués à couvrir des zones de conflit, ont cessé de donner signe alors qu’ils faisaient route vers Alep, dans le nord de la Syrie.

On ne sait pas si ce sont les forces du régime ou de l’opposition qui se seraient emparés des journalistes.

En visite au Japon, le président français François Hollande a déclaré, lorsqu’interrogé à ce propos ce vendredi 7 juin lors de sa conférence de presse conjointe avec le premier ministre japonais Shinzo Abe, que les deux journalistes «auraient été enlevés en Syrie alors qu’ils faisaient leur travail. […] Le contact a été en effet perdu avec ces deux journalistes, sans qu’on en connaisse exactement encore les conditions», ajoutant «Je ne donnerai pas d’informations qui pourraient les mettre davantage en danger».

Le président Hollande a toutefois exigé leur libération immédiate.

«La presse doit pouvoir circuler en Syrie pour donner les informations qui sont attendues dans le monde entier, sur ce qui se passe en Syrie.», a dit le chef d’État français «Je demande que ces journalistes soient immédiatement libérés, parce qu’ils ne sont pas le représentant ou les représentants de quel qu’État que ce soit, ce sont des hommes qui travaillent pour que le monde puisse recevoir des informations.»

Le président a souligné encore que «Les journalistes doivent être traités comme des journalistes, et en aucune façon comme des éléments sur lesquels il pourrait peser une menace pour intervenir ou agir au détriment d’un État.»

L’organisation pour la liberté de l’information «Reporters sans frontières» (RSF) pour sa part, a publié ce matin un communiqué où elle exprime publié ce matin un communiqué où elle exprime «sa très vive inquiétude quant au sort de deux journalistes français disparus hier

«Nous appelons à la libération immédiate de Didier François et d’Édouard Elias. Connus pour leur professionnalisme, les deux journalistes remplissent une mission d’intérêt général en couvrant de manière indépendante la tragédie syrienne», déclare RSF.

L’organisation rappelle dans le communiqué de ce matin qu’elle est extrêmement préoccupée par le sort des journalistes envoyés sur place, «rapidement piégés dans la spirale de violence qui mine le pays depuis le 15 mars 2011», ajoutant «Les journalistes ne doivent en aucun cas être pris pour cibles par les diverses parties engagées dans le conflit ni servir en aucune façon de monnaie d’échange», déclare Reporters sans frontières.

Depuis le début du conflit syrien, au moins 24 journalistes ont trouvé la mort et 7 autres sont portés disparus ou ont été enlevés.

France et Japon veulent toujours le départ d’Assad

La France et le Japon veulent et tous deux le départ d’Assad, mais, alors que la France est consciente de la nécessité d’une pression militaire, le Japon insiste plutôt, quant à lui, sur l’aide humanitaire aux rebelles.

Interrogés lors de la conférence de presse de ce matin sur les convergences de vue de la France et le Japon sur les relations internationales et le message qu’ils voulaient délivrer conjointement aujourd’hui au régime de Damas «au moment où l’utilisation de gaz chimiques est avérée en Syrie», les deux chefs d’État ont déclaré qu’il ne pouvait y avoir de solution sans le départ préalable de Bachar Al-Assad.

«Cet affrontement en Syrie qui ne cesse de s’aggraver est très préoccupant. Il y a également des conséquences très négatives dans des pays voisins. M. Assad devrait céder sa place. Et après, c’est le peuple syrien qui devrait décider de l’avenir de leur pays. Le Japon aussi veut que toutes les violences s’arrêtent le plus tôt possible en Syrie.», a répondu Shinzo Abe , rappelant que le Japon aussi veut que toutes les violences s’arrêtent le plus tôt possible en Syrie, mais en insistant pour sa part sur l’aide humanitaire que son pays peut apporter « Nous avons déjà mis en place 80 millions de dollars d’aide dans le domaine de l’aide humanitaire, et nous allons prévoir davantage. Nous voulons également soutenir les rebelles, sous l’angle de l’aide humanitaire.» En effet, sur ces enjeux internationaux également, nous voulons bien consulter la France pour que nous puissions opérer ensemble.

Le président Hollande a quant à lui déclaré: «Nous avons été les premiers à apporter une aide humanitaire. Nous avons aussi été les premiers à reconnaître l’opposition comme la représentante légitime du peuple syrien. Et aujourd’hui, le Japon, la France, travaillent pour chercher une solution politique, mais nous savons bien dans quel contexte aujourd’hui cela se pose. Et j’ai moi-même fait en sorte que nous puissions faire une pression militaire à travers un accord, qui a été trouvé au niveau européen, pour lever partiellement et à certaines conditions l’embargo.»

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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