Il y a 69 ans, le jour du débarquement en Normandie (PHOTOS)

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Au printemps 1944, l’Allemagne avait conquis la majeure partie du continent européen, y compris la France, depuis environ quatre ans. Seul un plan d’eau étroit, la Manche, séparait les forces allemandes de la Grande-Bretagne. Dans le plus grand secret les Alliés préparaient depuis plus d’un an la reconquête du continent, puis lancèrent une campagne majeure contre les forces allemandes. 

*Le 6 juin 1944, passé à l’histoire sous le nom du jour J, commencent les débarquements alliés sur la côte de Normandie, début de l’opération «Overlord», l’invasion si longtemps attendue du nord-ouest de l’Europe. La tâche est énorme, car les Allemands ont fait de la côte une forteresse ininterrompue munie de canons, de casemates, de barbelés, de mines et d’obstacles de toutes sortes; de cette opération, dépend l’issue de la guerre.

En préparation de l’invasion, les Américains, les Britanniques et les Canadiens ont subi des mois d’entraînement spécialisé; des approvisionnements ont été entassés dans le sud de l’Angleterre; des ingénieurs ont préparé un pipeline sous-marin jusqu’à la France et l’on a assemblé des ports préfabriqués. Les forces terrestres, maritimes et aériennes ont répété inlassablement pour assurer la perfection.

Après avoir bombardé toute la nuit les secteurs visés, les Alliés attaquent la «Forteresse Europe» sur un front large de cinq divisions et les troupes de trois divisions aéroportées descendent par parachute et par planeur sur les flancs du secteur d’invasion. Les trois armes canadiennes participent à l’assaut. Une des formations venue de la mer est la 3e Division d’infanterie canadienne, appuyée par la 2e Brigade blindée canadienne et d’autres troupes détachées d’autres armes et services de l’Armée canadienne. Le 1er Bataillon de parachutistes canadien est attaché à la 6e Division aéroporté britannique qui est larguée sur le flanc est de la tête de pont. La traversée de la Manche s’effectue grâce à des voies que les dragueurs de mines de la Marine royale canadienne ont aidé à dégager; des canons navals canadiens participent au harcèlement des défenses côtières ennemies et certaines unités de la 3eDivision sont transportées à bord de navires canadiens et mises à terre au moyen de péniches de débarquement canadiennes. Dans les airs, le Corps d’aviation royal canadien apporte son importante contribution avec les bombardiers qui attaquent les batteries allemandes de la zone d’assaut et les escadrilles de chasse canadiennes qui s’en prennent à des cibles plus éloignées à l’intérieur.

Deux armées participent à l’opération. Du côté ouest, depuis la base de la péninsule du Cotentin jusqu’à un point situé au nord-ouest de Bayeux, la 1reArmée américaine attaque sur les plages «Utah» et «Omaha». Du côté est, dans un secteur qui s’étend à l’est jusqu’à l’embouchure de l’Orne, la 2e Armée britannique attaque les plages «Gold», «Juno» et «Sword».

Les Canadiens, sous le commandement du major général R.F.L. Keller, sont chargés de «Juno» au centre du front britannique. Leur tâche est d’établir une tête de pont sur les cinq milles qui s’étendent entre Courseulles et Saint-Aubin-sur-Mer, puis, passant entre Bayeux et Caen, de pénétrer jusqu’à l’aérodrome de Carpiquet, quelque onze milles vers l’intérieur. On espère qu’à la tombée de la nuit les deux divisions britanniques à leur gauche et à leur droite auront pris Caen et Bayeux et que les Canadiens occuperont la route et le chemin de fer reliant les deux villes.

Retardés par le mauvais temps et par la mer, les hommes de la 7e Brigade déferlent sur la grève où ils sont accueillis par une farouche résistance de la part des fortifications ennemies qui ont survécu aux bombardements et des obstacles minés que cache sur la plage la marée montante. En dépit des pertes élevées et des violents combats, ils prennent Courseulles-sur-Mer et les villages de l’intérieur jusqu’à Sainte-Croix-sur-Mer et Banville. Au soir, la brigade consolide ses positions, ayant atteint son objectif intermédiaire près de Creully.

Sur le front de la 8e Brigade, les ingénieurs d’assaut arrivent à temps pour engager les fortifications ennemies. La tête de pont est prise et les Canadiens se dirigent vers l’intérieur pour prendre Bernières. Après Bernières, leur avance ralentit et Bény-sur-Mer, sur la route principale de Caen, n’est prise qu’au soir.

Les unités de la 9e Brigade débarquent peu avant midi et traversent Bernières et Bény jusqu’au voisinage de Villons-les-Buissons, à moins de quatre milles de Caen. Ils rencontrent un feu de mitrailleuses et s’arrêtent juste avant l’aérodrome de Carpiquet, objectif définitif de la division.

À la fin de la journée, la 3e Division canadienne est bien établie sur ses objectifs intermédiaires, bien qu’elle n’ait pas atteint les objectifs ultimes planifiés pour le jour J. Sur les deux flancs, l’avance alliée a été semblable. La 3e Division britannique est à trois milles de Caen et, sur la droite, la 50e Division n’est qu’à deux milles de Bayeux. Le 1er Bataillon canadien de parachutistes est descendu sur le flanc gauche de la tête de pont. Même s’ils ont été éparpillés et s’ils ont souffert de graves pertes, les bérets rouges canadiens ont détruit les cibles qui leur étaient assignées et ont fait beaucoup de dommages derrière les lignes. Dans la zone américaine, les forces d’assaut à la plage « Omaha » ont rencontré une farouche résistance, mais ici aussi les têtes de pont ont été établies.

C’est là un fait d’arme magnifique, la puissante muraille de l’Atlantique a été battue en brèche, les approvisionnements et les hommes débarquent en grand nombre pour reprendre demain leur avance. Les Alliés sont revenus en Europe.

Environ 14 000 Canadiens sont débarqués en Normandie en ce jour J. Les pertes ont évidemment été considérables, mais pas autant qu’on ne l’avait craint. Les forces d’assaut canadiennes ont perdu 1 074 combattants, dont 359 tués.

Il reste encore beaucoup de combats – des combats très durs où les forces canadiennes joueront pleinement leur rôle. Le jour de la victoire en Europe se fera encore attendre onze mois.


(Vidéo: INA)

 

*Un texte d’Anciens Combattants Canada

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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Discussion2 commentaires

  1. Nancy Brisebois

    Mon beau-pere etait sur le bateau en direction de cette guerre et juste avant qu'ils arrivent, ils on recus la bonne nouvelle que la guerre etait finie. Il a vraiment ete chanceux! Il est decede en fevrier dernier a l'age de 94 ans et comme il avait travaille pour l'Armee Americaine pendant des annees (meme s'il n'avait pas fait la guerre), il a eu un enterrement militaire. Ce fut le plus bel enterrement que je n'ai jamais vue. Tellement touchant. Les gens ne se rendent pas compte de tout les sacrifices que vous faites. Merci a vous tous du fond du coeur!