Irak: le bilan des morts en mai a dépassé 1 000 morts, selon l’ONU

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Un policier irakien près d'un véhicule calciné après un attentat à la voiture piégée, le 30 mai 2013 à Karradah près de Bagdad (Photo: Ahmad al-Rubaye/AFP)
Un policier irakien près d’un véhicule calciné après un attentat à la voiture piégée, le 30 mai 2013 à Karradah près de Bagdad (Photo: Ahmad al-Rubaye/AFP)

Même si le bilan de violences des autorités irakiennes pour le mois de mai est de 681 morts et 1 097 blessés, celui de l’ONU est beaucoup plus lourd et ramène l’Irak aux jours sombres de 2006-2008.

Selon les chiffres de l’ONU, la flambée de violences qui ensanglante l’Irak a fait plus de 1 000 morts en mai, soit le bilan le plus lourd depuis 2008, ont annoncé les Nations unies samedi 1er juin. Au cours du mois de mai, 1 045 personnes sont mortes dans des attentats et 2 397 ont été blessées, selon l’ONU.

Le pays est actuellement frappé par une profonde crise, tant politique que confessionnelle. Les opposants sunnites réclament la démission de Nouri al-Maliki, et la fin de la stigmatisation par les autorités dont ils s’estiment victimes.

L’intensité et la fréquence des violences se rapprochent dangereusement des niveaux des années 2006-2008 et tendent à confirmer un retour du conflit confessionnel qui avait ravagé le pays, quand plus d’un millier de personnes périssaient chaque mois à cette époque dans des attentats et des affrontements, principalement entre chiites et sunnites.

IRAK

  • Arabes (75 à 80 %) [sunnites: 17 %, chiites: 77 %, + minorité chrétienne]
  • Kurdes (10 à 15 %, sunnites en majorité)
  • Turkmènes, Assyriens et autres (2%)

La nouvelle flambée de violences a commencé début 2013 avec le lancement d’un mouvement de protestation de la minorité sunnite qui accuse le gouvernement et les forces de sécurité, dominés par les chiites, de s’accaparer du pouvoir et de «stigmatiser» les membres de la communauté sunnites.

Et le conflit en Syrie voisine, où les alaouites [ un groupe chiite «laïcisant »] sont confrontés à une rébellion majoritairement sunnite, a ravivé encore davantage le conflit interconfessionnel en Irak.

Le gouvernement de Nouri Al-Maliki, lui-même issu de la communauté chiite, a bien fait quelques concessions aux sunnites, en libérant par exemple des prisonniers, mais le fond du problème n’est été réglé pour autant, les sunnites continuant à se sentir exclus du pouvoir.

Vendredi 31 mai, dans un communiqué de la Mission d’assistance des Nations-Unies en Irak, le Représentant spécial de l’ONU en Irak, Martin Kobler, avait exprimé sa consternation devant le nombre effarant de victimes de vies perdues suite à la nouvelle vague d’attaques criminelles contre des civils innocents ciblant en particulier la capitale, Bagdad.

En mai, le Secrétaire général des Nations Unies avait déjà demandé aux Iraquiens de «s’unir et de lancer un dialogue inclusif afin de résoudre la « crise politique profonde» que traverse le pays», mais, vendredi , le Représentant de l’ONU en Irak s’est fait encore plus pressant, déclarant que les dirigeants iraquiens devaient agir immédiatement parce que le pays est tout simplement au bord de l’explosion,

Pour tenter de trouver une solution qui éviterait à l’Irak l’explosion, les principaux leaders politiques, dont le premier ministre chiite Nouri al-Maliki, doivent se retrouver aujourd’hui samedi dans l’après-midi pour une réunion.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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