La France livre 16 tonnes de médicaments à la Syrie, dont des traitements anti gaz sarin

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Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, le 22 juin 2013 lors d'une réunion des «Amis de la Syrie» à Doha (Photo: AFP)
Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, le 22 juin 2013 lors d’une réunion des «Amis de la Syrie» à Doha (Photo: AFP)

La France a livré 16 tonnes de médicaments à la Syrie, dont des traitements anti gaz sarin à l’opposition syrienne, a annoncé samedi à Doha le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, mais pas encore d’armes, ayant déjà exclu jeudi de livrer à la rébellion syrienne des armes qui pourraient «se retourner contre elle».

Le Quai d’Orsay avait déjà publié un communiqué hier annonçant que la France venait de livrer plus de seize tonnes de médicaments en Syrie, via l’Union des Organisations Syriennes de Secours Médicaux (UOSSM), en coordination avec l’Unité de Coordination des Aides de la Coalition nationale syrienne.

Ces médicaments, dit le communiqué du ministère français des Affaires étrangères, permettront de soigner plusieurs milliers de personnes dans une vingtaine de centres de santé sur l’ensemble du territoire syrien, et particulièrement dans le nord du pays.

Dans ses livraisons à l’opposition syrienne de traitements anti gaz sarin, la France a envoyé «des traitements qui peuvent protéger un millier de personnes», a déclaré Laurent Fabius lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion ministérielle des Amis du peuple syrien.

Alors que l’escalade militaire se poursuit depuis la chute de Qousseir et menace la stabilité des pays voisins, il importe de réaffirmer notre engagement aux côtés du peuple syrien qui combat pour sa liberté, disait le communiqué du ministère français qui annonçait aujourd’hui cette réunion, notant que cette rencontre serait «l’occasion pour les Amis du peuple syrien de renforcer et de coordonner leur soutien à la Coalition nationale syrienne, dans tous les domaines», et de «mobiliser une aide internationale accrue à la population en Syrie comme dans les pays voisins.»

«La France demeure pleinement mobilisée aux côtés de l’opposition syrienne. Elle reste déterminée à agir pour mettre fin aux souffrances du peuple syrien qui subit chaque jour une répression impitoyable et pour favoriser l’émergence d’une solution politique et l’avènement d’une Syrie libre et démocratique.», ajoutait encore le Quai d’Orsay.

Une aide militaire à géométrie variable

Les onze pays amis de la Syrie, ont aussi annoncé avoir décidé «une aide urgente en matériel et en équipements» à la rébellion afin de lui permettre de faire face aux «attaques brutales du régime».

En revanche, les «Amis de la Syrie» restent divisés sur la question de l’aide militaire aux rebelles d’une aide militaire qui, seule, pourtant, permettrait de faire pencher la balance du côté des insurgés alors que, depuis l’entrée en jeu du Hezbollah chiite libanais, les forces du régime ne cessent de gagner du terrain.

L’aide militaire sera donc, pour ainsi dire, à géométrie variable: les Amis de la Syrie vont «chacun à [leur]façon, chacun choisissant son approche, augmenter la portée et l’ampleur de leur assistance à l’opposition politique et militaire», a déclaré le secrétaire d’État américain John Kerry.

En outre, «toute aide militaire sera canalisée» par le Haut conseil militaire syrien relevant de l’Armée syrienne libre (ASL), pour éviter que ces armes ne tombent aux mains de factions islamistes radicales.

Le chef de la diplomatie du Qatar, qui soutient activement l’opposition, le cheikh Hamad ben Jassem Al Thani, a affirmé pour sa part que neuf des pays participants étaient d’accord sur l’apport d’aide militaire à l’ASL, ne précisant pas toutefois quels étaient les deux États en désaccord sur cette question.

Selon cheikh Hamad, un règlement politique «ne peut être réalisé qu’en établissant un équilibre sur le terrain pour que le régime accepte de négocier».

Par ailleurs, Paris, Washington et Londres continuent d’accuser le régime syrien d’avoir eu recours à des armes chimiques, notamment du gaz sarin, un puissant gaz neurotoxique mortel, tandis que le président de la commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie a réaffirmé vendredi qu’il ne pouvait pas dire avec certitude qui avait utilisé des armes chimiques en Syrie, faute de pouvoir mener l’enquête en ayant un accès sans entraves aux sites où des armes chimiques auraient été utilisées.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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