La présidente sud-coréenne veut rompre le «cercle vicieux de provocations» avec le Nord

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La présidente sud-coréenne Park Geun-hye, en compagnie du président américain Barack Obama, le 8 mai dernier, à la Maison Blanche (Photo: Archives/White House)
La présidente sud-coréenne Park Geun-hye, en compagnie du président américain Barack Obama, le 8 mai dernier, à la Maison Blanche (Photo: Archives/White House)

Afin de stopper le «cercle vicieux de provocations» entre Séoul et Pyongyang, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye a réitéré, ce jeudi, sa volonté de dialoguer avec son voisin nord-coréen. Une posture pacifique pour relancer des négociations actuellement dans une certaine impasse diplomatique.

«Les relations Sud-Nord se trouvent à un tournant décisif en ce moment», a ainsi déclaré la chef d’État sud-coréenne, citée par l’agence Yonhap. Interrogée, ce jeudi, lors d’une réunion avec des membres du Conseil consultatif sur l’unification nationale, Park Geun-hye a rappelé les enjeux primordiaux que revêt la situation actuelle entre les deux Corées.

«La manière dont nous nous comportons aujourd’hui affectera non seulement le destin de la péninsule coréenne mais aussi ceux de l’Asie du Nord-Est et du monde entier», a-t-elle assuré.

Alors qu’une réunion intercoréenne devait avoir lieu les 12 et 13 juin derniers, un différend sur le niveau du chef de la délégation représentant chacune des parties a fait avorter ce rendez-vous diplomatique. Un nouvel accroc qui laisse les négociations actuellement au point mort. Pyongyang s’est même tourné vers Washington pour espérer avancer dans la pacification de la péninsule.

«Toute évolution de la situation dépendra du choix responsable des États-Unis qui ont aggravé jusqu’à présent la situation sur la péninsule coréenne», a déclaré, ce dimanche, un porte-parole de la Commission de défense nationale, cité par l’Agence officielle de presse nord-coréenne KCNA.

Le Sud exhorte le Nord à discuter du complexe industriel de Kaesong

Mais selon la présidente Park, un règlement du conflit actuel passe avant toute chose par de bonnes relations avec le Nord. «Je suis persuadée que nous devons rompre le cercle vicieux de provocations suivies de récompenses […] et jeter les bases d’une véritable paix et prospérité sur la péninsule coréenne en nous appuyant sur le principe de cohérence et de confiance», a-t-elle déclaré.

«Pour ce faire, nous devons établir des relations intercoréennes dans lesquelles le bon sens et les normes internationales règnent», a-t-elle ajouté. Le différend régnant au sein du complexe industriel de Kaesong semble ainsi être une priorité pour faire évoluer la situation.

Symbole du fossé entre les deux pays, la fermeture du site intercoréen situé au Nord est au cœur des enjeux économiques et stratégiques. «La proposition d’une réunion de travail au sujet du complexe industriel de Kaesong est toujours valable», a assuré, ce vendredi, un officiel du ministère de l’Unification sous couvert d’anonymat.

S’exprimant devant des journalistes, il a ainsi exhorté le Nord à accepter cette offre de dialogue proposée par Séoul, le mois dernier, dans le but de débloquer la suspension de la zone industrielle. Il s’agit d’une relance après la demande lancée, ce jeudi, par les entreprises sud-coréennes implantées à Kaesong.

Pyongyang tient une conférence de presse à l’ONU, ce vendredi

Exigeant une visite d’inspection des installations et le retour à la normale du parc industriel, ces dernières ont menacé de prendre une «décision grave» si rien n’est fait d’ici au 3 juillet prochain. Un ultimatum censé faire bouger les choses.

La Corée du Nord a ainsi demandé l’organisation d’une conférence de presse, ce vendredi, au siège des Nations Unies, à New-York. Dirigée par l’envoyé de Pyongyang à l’ONU Sin Son-ho, celle-ci doit porter sur «la situation sur la péninsule coréenne», comme l’ont assuré les représentants du pays à l’ONU.

Pour cette première conférence aux Nations Unies en trois ans, il pourrait s’agir d’un premier pas vers des discussions concrètes en vue d’une éventuelle dénucléarisation du Nord. L’occasion d’éviter une nouvelle escalade de tensions après les invectives, menaces et manœuvres respectives des derniers mois et des dernières semaines.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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