La Russie fait un virage à 180 degrés et reporte la livraison des missiles S-300 à la Syrie

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Le président russe Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse, le 4 juin 2013 à Ekaterinbourg (1.500 km à l'est de Moscou) (Photo: Commission européenne/AFP/Vladislav Lonshakov)
Le président russe Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse, le 4 juin 2013 à Ekaterinbourg (Photo: Commission européenne/Vladislav Lonshakov)

En sept jours à peine, la Russie a fait un virage à 180 degrés sur la question de la fourniture à la Syrie des missiles sol-air S-300 et décidé de remettre leur livraison à plus tard, sans fixer de date, mettant en garde toutefois contre toute intervention militaire étrangère en Syrie et reprochant aux Occidentaux de vouloir «bourrer d’armes une région explosive».

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mardi 4 juin que, pour ne pas rompre l’équilibre des forces» au Moyen-Orient, la Russie ne livrera pas pour l’instant de missiles S-300, en mettant en garde toutefois contre toute intervention militaire étrangère en Syrie.

Il y a 7 jours à peine, le 28 mai, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov déclarait que les livraisons prévues de systèmes sol-air perfectionnés S-300 russes en Syrie étaient un facteur de «stabilisation» voué à dissuader tout scénario d’intervention extérieure dans le conflit.

Puis, le 30 mai, dans une interview à la chaîne Al-Manar du Hezbollah libanais diffusée hier, jeudi 30 mai, Assad avait déclaré, à propos des missiles S-300 russes:« tous les accords passés avec la Russie seront honorés et une partie l’a déjà été dernièrement», laissant entendre qu’une partie des missiles avait déjà été livrée.

Des missiles russes sol-air S-300 sont déployés en 1996 sur un terrain d’entraînement en Russie (Photo: Archives/ Vladimir Mashatin/AFP)

Mais, le lendemain, 31 mai, les quotidiens russes Vedomosti et Kommersant, s’appuyant sur des sources militaires, affirmaient que ces missiles n’avaient pas encore été livrés et n’étaient pas prêts de l’être, qualifiant la déclaration d’Assad à la télévision libanaise de «maladroite» et susceptible de créer de la confusion et ajoutant que, si la livraison dépendrait beaucoup de la situation dans la région et de la position des pays européens sur la question du règlement du conflit syrien et pourrait fort bien être gelée.

Voilà donc que maintenant, à l’issue d’un sommet Russie-Union européenne, Valdimir Poutine déclare que le contrat de livraison à Damas des S-300, signé «il y a plusieurs années», n’a»pas été mis en oeuvre pour l’instant».

«C’est bien sûr un armement sérieux. Nous ne voulons pas rompre l’équilibre des forces dans la région», a noté le président russe, M. Poutine, en conférence de presse à Ekaterinbourg aux côtés du président du Conseil de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, et du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Vladimir Poutine, dont le pays est le principal soutien du régime de Bachar al-Assad, a toutefois mis en garde contre toute intervention militaire, déclarant que « toute tentative d’influer sur la situation en Syrie par la force, par une ingérence militaire, était vouée à l’échec et entraînerait de lourdes conséquences humanitaires».

La Russie avait déjà mis en garde en mai contre toute intervention contre la Syrie, après deux frappes de l’armée israélienne dans le pays en 48 heures pour empêcher le transfert d’armes au Hezbollah libanais allié du régime de Bachar al-Assad.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (d) et le président Vladimir Poutine l’an dernier à Jérusalem (Photo: Archives / Alexey Druzhinin/Rio-Novosti/AFP)

Le 14 mai, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait tenté de convaincre le président Vladimir Poutine lors d’une rencontre en Russie de ne pas livrer ces équipements.

M. Netanyahu avait alors évoqué la possibilité que ces S-300 tombent dans les mains du Hezbollah chiite libanais, ce qui pourrait remettre en cause la liberté de manoeuvre de l’aviation israélienne dans l’espace aérien libanais.

«Les livraisons n’ont pas eu lieu, et j’espère qu’elles n’auront pas lieu. Mais, si par malheur, ils (les S-300) arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire», avait pour sa part affirmé M. Yaalon à l’issue d’une réunion fin mai de la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement.

L’installation de S-300, capables d’intercepter en vol des avions ou des missiles guidés, compliquerait aussi tout projet des puissances occidentales d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie ou d’intervenir pour sécuriser ou démanteler des armes chimiques.

Les observateurs , dont le journal russe Kommersant, s’accordent pour dire maintenant que, si la livraison a bien lieu un jour,, elle ne pourrait toutefois se faire «qu’au deuxième trimestre 2014».

Il semble donc que, tout comme il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, il ne faut pas tenter de lancer le missile avant de l’avoir véritablement reçu.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Je me demande ce qui a fait changer la décision de Poutine est-ce que les américains ont manigancé pour que Poutine est changer sont fusil d'épaule